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COUVENT DES GRANDS CARMES ou CARMES BARRÉS ou CARMES MAUBERT (Paris)
Disparu
Plan Turgot par Bretez (1739)
L'ordre du Carmel est l'un des rares ordres monastiques, sinon le seul, a ne pas se référer à un fondateur charismatique, mais à un prophète de l'Ancien Testament : Élie. Le prophète Élie, et son disciple Élisée sont considérés par les Carmes comme les pères spirituels de l'ordre.
Dans les faits, l’ordre fut créé sur le Mont Carmel, vers 1212, par le patriarche de Jérusalem et approuvé par le pape Honorius III en 1171.
 
Selon la tradition, lorsque  les Sarrazins se furent rendus maîtres de la Terre Sainte, ils défendirent aux carmes de porter capuches blanches et tout habit de cette couleur pour ne pas être confondu avec  le manteau blanc des seigneurs Sarrazins. Les frères de l'ordre furent alors contraints de suivre la coutume des Orientaux, et de prendre des manteaux barrés de bandes noires  d’où leur nom de Barrés que leur donnèrent les Parisiens lorsque saint Louis les amena dans la capitale.
Ils vinrent s’établir à Paris vers le milieu du 13ème siècle. Mais les inconvénients de leurs deux premières résidences les amenèrent à en solliciter une troisième que Philippe le Long leur accorda par lettres patentes en 1317 en bas de la Montagne Saint-Geneviève, près de la place Maubert et de la Croix-Haymon. Ils s’y transportèrent en 1318, quelques mois après l’autorisation du pape. Le roi leur conféra la jouissance des privilèges que l’Université avait accordée aux ordres mendiants.
 
A force d’acquisitions successives, le couvent occupa tout le rectangle compris entre les rues Noyers (futur bd Saint-Germain), les rues des Carmes, de la Montagne-Sainte-Geneviève, et le collège de Laon.
© BHVP
De nos jours, il se situerait à quelques mètres près entre les repères jaunes Google Earth © MCP
Leur chapelle d’origine, dédiée à Notre-Dame du Carmel, étant insuffisante, grâce à la bienfaisance des rois et surtout aux libéralités de la reine Jeanne d’Evreux, ils acquirent diverses maisons contigües à leur couvent pour construire leur nouvelle église dont la première pierre fut posée en 1345. Veuve de Charles le Bel, par testament cette princesse légua aux religieux ses bijoux et une somme conséquente pour en activer la construction. Achevé en 1354, l’édifice fut consacré à la Sainte-Vierge.
La chapelle Notre-Dame du Mont-Carmel s’élevait à l’angle des rue  des Noyers et des Carmes.
 
L’église, orientée normalement, n’offrait rien de  remarquable si l’on en croit les visiteurs du 18ème siècle.  Restée dans son jus gothique, seules quelques petites chapelles décorées « à la moderne » trouvaient grâce à leurs yeux.
 
L’entrée principale, ornée d’une Vierge adossée au pilier, donnait sur la rue des Carmes.
Entrée principale rue des Carmes. Gravure Millin
Le tambour de la chapelle de la Vierge s’ouvrait, lui, sur un portail en arcade d’ogive d’un gothique délicat, orné d’une statue de la Vierge avec à sa droite et à sa gauche, celles de Charles IV et de Jeanne d’Evreux par les libéralités de laquelle cette partie de l’église avait été construite.
Gravure Millin
Près de là, une très ancienne colonne semée de fleurs de lys et de dauphins, la croix des carmes dont le chapiteau portait une croix de fer,  se trouvait à l’extérieur avant d’être entourée des bâtiments.
Gravure Millin
Le cloître était peint sur ses quatre façades des vies des prophètes Elie et Elisée et de l’histoire de l’ordre, avec des vers en français. Grand et régulier, ses arcades de pierre délicatement découpées, il était flanqué côté jardin d’une chaire du haut de laquelle on racontait que le célèbre Albert le Grand avait prêché. L’ensemble formait l’un des plus curieux spécimens architectural du 14ème siècle.
La chaire du cloître Gravure Millin
Dans l’église même, on n’enregistre aucune œuvre d’artiste notable.
Le maître-autel, rebâti en 1683 sur les dessins de Jacquin et reconstruit peu après, fut enrichi de marbre offert par Louis XIV qui servit au tombeau de l’autel et au stylobate posé dessus. L’ensemble apparaissait plus extraordinaire que beau.
Gravure Millin
Le couvent possédait une bibliothèque composée, pour partie, de  manuscrits rares. Mais ce qu’on y trouvait de plus curieux était la galerie du père Sébastien. Grâce à une donation de Philippe d’Orléans, cet ingénieux et savant religieux fit construire l’un des plus beaux cabinets de Paris où il put exposer le nombre infini de machines de toutes sortes et autres curiosités de la nature et de l’art qu’il avait inventées ou ramassées le long de sa vie. Après sa mort, les religieux dispersèrent cette collection.
 
A la Révolution, le couvent devenu bien national, les religieux durent le quitter en décembre 1790 pour se transporter aux Carmes déchaussés de la rue de Vaugirard, avec lequel il ne faut pas le confondre.  Les Augustins des maisons de Paris que l’on avait réunis y résidèrent un temps.  Après leur dispersion, les cours et les jardins devinrent des passages publics, l’église fut utilisée comme manufacture d’armes et, en 1793, on installa le Prytanée dans les bâtiments.
 
En 1811, l’Etat abandonna à la Ville l’installation d’un marché couvert, qui se substituerait à celui de la place Maubert, sur l’emplacement du couvent
En 1812, l’église était démolie et l’ensemble des bâtiments étaient rasés l’année suivante.
Ruines de l'église et du cloître par V.J. Nicolle (1754-1826)
En 1813, la première pierre du marché était posée. Sa construction, dirigée par l’architecte Antoine Vaudoyer, se termina en 1818 et son inauguration eut lieu le 15 février 1819. Nommé « marché des Carmes » en souvenir du couvent, il devait à son tour disparaître en 1930 au profit de réalisations immobilières.
Le marché des Carmes
Rue de La Montagne-Ste-Geneviève : à gauche et jusqu'en bas de la rue, ancien emplacement du couvent. © MCP
Vue de la place Maubert : ancien emplacement du couvent et du marché © MCP
Y furent inhumés, entre autres :
 
On enterrait dans l’église mais aussi dans le cloître où furent inhumés autant des religieux que des laïcs.  Excepté quelques célébrités en leur temps, dont la mémoire a surtout été préservée par des spécialistes mais bien oubliées du grand public, à priori, sauf peut-être Oronce Finé et Marguerite de Bourgogne, aucune grande personnalité comme on peut l’entendre ne reposa dans ce couvent. En revanche, comme souvent, de nombreux magistrats, conseillers du roi, etc. y élurent leur sépulture avec parfois des familles inhumées là pendant au moins deux siècles.
 
Bien avant la Révolution, de nombreuses tombes n’existaient déjà plus. Avant qu’elles ne disparaissent, dès le mois de janvier 1791 le sculpteur Mouchy dressa un inventaire des sculptures et statues du couvent dont les auteurs se servirent par la suite pour leurs descriptions.
 
Les ossements retrouvés dans l’église et le cimetière furent l’objet de trois étapes de transfert aux Catacombes : 1814, 1857 et 1859.
© MCP
►BOULLENOIS Louis (1680-1762)
Avocat au parlement, peu connu en son temps malgré quelques écrits, l’achèvement de son tombeau, véritable évènement, déchaîna les critiques. Tout le monde s’accorda pour le considérer d’une vanité ridicule. Quant à son appréciation purement artistique, elle oscilla entre détracteurs virulents et quelques âmes plus conciliantes envers son auteur, le sculpteur Poncet qui résidait à Rome.
 
Elevé en 1784 par ses enfants dans le chœur des religieux, ce mausolée était  remarquable par sa grandeur, ses marbres polychromes et ses bronzes.
On y voyait une allégorie de la Justice dans l’expression de la douleur dont une main était posée sur une banderole d’or avec l’inscription : Traité de la personnalité, et de la réalité des lois, par L. Boullenois, avocat.
Derrière lui s’élevait une pyramide de granit rouge surmontée d’un aigle tenant dans son bec et ses serres les portraits en mosaïque de Boullenois et de son épouse.
En 1791, le monument fut rendu à l’un des fils du défunt qui le vendit par morceaux. Par la suite, Alexandre Lenoir récupéra l’aigle en turquin bleu et la statue de la Justice pour son Musée des Monuments français. En 1893, l’aigle se voyait encore dans le jardin de l’école des Beaux-arts où « il se détruisait ». On ignore ce qu’il advint de la statue…
Gravure Millin d'après Gaignières © MCP
►CHASSEBRAS (famille)
Pendant au moins deux siècles, plusieurs membres de cette famille furent inhumés dans l’église parmi lesquels :
-Gabriel Chassebras († 1649)
Seigneur de plusieurs lieux, conseiller du roi en ses conseils et cours de monnaies et directeur des monnaies du moulin, il était connu pour être très versé dans la connaissance des langues orientales
-Michel Chassebras († 1671)
Capitaine d’infanterie, il se signala par son courage notamment aux sièges de Dunkerque et de Montmédy où il fut grièvement blessé avant de mourir peu après à vingt-cinq ans.
 

►CHAUVELIN (Famille)
Famille de magistrats très connue en son temps qui donna un garde des Sceaux, plusieurs de ses membres  reposaient dans l’église. On notera surtout :
-Louis Chauvelin († 1715)
Conseiller du roi en tous ses conseils, maître des requêtes, avocat général au parlement, commandeur et grand prévôt de ses ordres.
►CORROZET Gilles (1510-1568)
Ecrivain, il se fit libraire et imprimeur pour pouvoir publier ses propres ouvrages. Comme deux autres de ses confrères, il répandit à profusion, sous un format commode, de petits textes classiques ou des livrets abondamment illustrés. Leurs vignettes élégantes et spirituelles, transmises ou copiées d'atelier en atelier, interprétées par les ciseleurs, les peintres verriers, les émailleurs et les faïenciers, contribuèrent pour une grande part à fixer les nouvelles formules décoratives au16ème siècle.
Sa marque, une rose dans un cœur accompagnée de cette devise tirée du livre des Proverbes : In corde prudentis requiescit sapientia,  se retrouve sur de nombreux textes importants de l'époque : Clément Marot, Pierre de Ronsard etc.
►CREIL (famille de)
Dans la chapelle familiale, fondée par Henri de Creil pour y rassembler les sépultures de sa parentèle dispersées un peu partout dans l’église depuis presque trois siècles, reposaient, entre autres :
-CREIL Henri de, baron de Bournezeau († 1691)
Conseiller du roi, maître des requêtes ordinaire en son hôtel, son monument funéraire se composait d’une plaque rectangulaire de marbre noir bordée de pierre, accompagnée de deux pilastres et surmontée d’un entablement supporté par des lions. Deux enfants, assis et pleurants tenaient des cartouches armoriés entourés de draperies, symbolisaient probablement la présence de son fils et de sa fille morts avant lui.
-CREIL Michel († 1708)
Directeur régent de la faculté de médecine.
Le cloître par V.J. Nicolle
On retiendra surtout qu’il est considéré comme le plus ancien auteur des descriptions de Paris : il fut notamment l’un des premiers à faire paraître des ouvrages sur le sujet dont La fleur des antiquitez de la noble et triumphante ville et cite de Paris (1532), Les Antiquité chroniques et singularités de Paris (1558), ... Inhumé dans le cloître avec sa femme.
Epitaphe de Gilles Corrozet -Epitaphier du vieux Paris © MCP
►DU BEC-CRESPIN Michel ou Nicolas († 1318)
Doyen de Saint-Quentin, archidiacre de Notre-Dame de Paris et cardinal de Saint-Étienne-le-Rond (1312) (en latin : S. Stephani Cœlio Monte), titre cardinalice créé au 5ème siècle, il mourut à Avignon. Il voulait être inhumé aux Grands carmes près du maître-autel. Pour jouir de cette prérogative, il fit don au couvent de sa bibliothèque et d’une somme conséquente pour l’entretien des bâtiments.
►FINÉ ou FINE Oronce (1494-1555)
Mathématicien et astronome vivant à l'époque des grandes découvertes du monde, et où les géographes avaient une importante mission d'établissement de cartes, Finé, qui s'intéressait à ces problèmes et aux découvertes élargissant le champ de la pensée humaine, s’inscrivit dans ce schéma et fut le premier cartographe en France à représenter les continents nouvellement découverts sur des mappemondes, en coordonnant les informations données par les navigateurs, et en donnant accès à ces cartes au public.
En 1525, il publia également une grande carte de France  qui contribua à sa notoriété.
Appelé par François Ier, il intégra le groupe de savants à l'origine du Collège de France. Grand défenseur des mathématiques qu’il enseigna, il participa pour beaucoup à l'établissement de cette science comme l'un des principaux sujets scientifiques en France.
Très respecté par ses contemporains, il devint si célèbre que les grands, les ambassadeurs et même les princes étrangers venaient le consulter.
 
Mais, malgré ses talents et sa renommée, il passa presque toute sa vie dans le malheur et la pauvreté. A sa mort, on fit à sa louange une foule de vers et d’épitaphes qu’on rassembla dans un recueil : funebre symbolum alicot doctorum , viro doctissimo Oruntio Finœo. Il laissait une nombreuse famille criblée de dettes que quelques puissants, en souvenir des mérites de leur père, prirent sous leur protection et à laquelle ils procurèrent des places.
 

►GOLEIN Jean (v.1325 – 1403)
 
Théologien entré aux Carmes, apprécié pour ses grandes qualités humaines et sa science théologique, il fut élu par ses pairs prieur du couvent puis nommé provincial de son ordre par Charles V.  Doyen de la faculté de théologie de Paris (1389), nommé chapelain par le pape Clément VII pour soutenir ses intérêts devant le roi de France (1391), il fut pourtant expulsé de Paris (1393) pour s’être opposé, conformément aux instructions  papales, à l'idée d'une abdication volontaire des deux papes et avoir soutenu l'expulsion de Rome de Boniface IX, idée contraire  à l’Université de Paris.   À la suite de cette expulsion, Clément VII le nomma  nonce et chambellan apostolique à Avignon.
Golein ne fut pas seulement un grand théologien mais également un traducteur renommé au service Charles V.  Parmi ses œuvres savantes conservées : In magistrum sententiarum commentaria,  Super officio missae et Questiones variae, etc.
 
Mort à Paris, il fut inhumé dans la nef où sa sépulture s’ornait de cette épitaphe :  
« Cy gist Frère Jehan Goulain, maistre en théologie, né en Caulx à Blacqueville, vestu à Rouen, jadis légat et chapelain du Saint Siège apostolique, qui ayant souffert plusieurs labeurs pour le bien de la religion et de toute la sainte Église trespassa en l'an de grâce M CCCC III . »
 

►LE PELLETIER Jérôme († 1696)
 
Issu d’une illustre famille de magistrats dont diverses branches donnèrent  plusieurs hommes d’Etat, il était, entre autres, le frère du contrôleur général des Finances et  ministre Claude Le Pelletier. Lui-même  fut conseiller d’Etat et d’honneur au parlement.  
Inhumé dans la chapelle Notre-Dame du Carmel, son épitaphe latine était gravée sur un médaillon à demi entouré de nuages de marbre blanc avec un ange tenant d’une main  un sablier  et de l’autre une tête de mort posée sur ses genoux.
Au bas de ce monument, se trouvait un cartouche armorié, timbré de la couronne comtale, de la crosse et de la mitre.  
Médaillon funéraire par Millin © MCP
►MARGUERITE DE BOURGOGNE (1393 – 1441/1442)
►LÉVÊQUE Etienne († 1635)
 
Conseiller du roi et auditeur au Châtelet, son intérêt dans cet article relève uniquement de sa vie privée que j’ai eu envie de souligner. Pendant cinquante ans il forma un couple fusionnel avec sa femme, Madeleine de Falaise, au point de mourir deux jours après elle. Ils furent inhumés ensemble le même jour dans le chœur des religieux.
Fille aînée de Jean sans Peur, elle fut successivement promise à deux dauphins, fils de Charles VI : Charles de France, duc de Guyenne mort avant le mariage, puis Louis de Guyenne qu’elle épousa. Elle vécut alors à la cour sous la direction de sa belle-mère, Isabeau de Bavière. Pour son père - qui par rivalité du pouvoir avait fait assassiner, en 1407, le frère du roi, Louis Ier d’Orléans- cette union, consommée en 1409, offrait une sorte de bouclier de protection contre les poursuites royales.
Mais, probablement pour des raisons politiques,  en avril 1415, le dauphin la chassa de la cour avant de mourir en décembre, sans l'avoir revue. Veuve, elle retourna en Bourgogne.
Après de longues négociations avec son frère Philippe le Bon,  duc de Bourgogne à son tour, elle finit par accepter un mariage politique, en 1423, avec  Arthur III de Bretagne,  allié des Anglais.  
Ce dernier, devenu connétable de France au service de Charles VII, donna à Marguerite un rôle d'intermédiaire pour négocier une réconciliation entre le roi et le duc de Bourgogne.
En 1405, Christine de Pizan lui avait dédié en 1405 son Livre des trois vertus à l'enseignement des dames aussi connu sous le nom de Trésor de la cité des dames.
Elle mourut à Paris des suites d’une longue maladie et inhumée dans la chapelle Notre-Dame du Carmel.
Sa tombe de pierre était recouverte d’une lame de cuivre sur laquelle était représentée l’effigie de la princesse debout sur un piédestal dans l’encadrement d’une niche gothique avec un lion et un chien à ses pieds. Cette lame de cuivre fut fondue à la Révolution. Sa bordure, ornée aux angles des médaillons des quatre Evangiles, portait une épitaphe sur trois côtés.
Epitaphier du vieux Paris-Col. Gaignières © MCP
►MAUGER Robert († 1418)
Maître ès arts, licencié en droit civil et canon, il occupa les charges de conseiller et de président au parlement de Paris pendant près de trente années. Conseiller en la grand'Chambre dès le début de 1389, l'autorité royale le chargea à diverses reprises de missions judiciaires. Admis dans les conseils de l'État, tant que le parti Armagnac fut à la tête du pouvoir, Mauger dirigea les délibérations de la cour et conserva une situation prépondérante dans le Conseil royal.
Supplanté par Philippe de Morvilliers lorsque le parlement fut rétabli et reconstitué sur de nouvelles bases, en  juillet 1418,   le chagrin, joint aux violentes émotions de cette période troublée, hâta sa fin. Il mourut le jour de Noël de l'année 1418 et fut inhumé devant le grand autel où sa veuve le rejoignit deux ans plus tard. Tombe de marbre noir veinée et incrustée de marbre blanc.
Epitaphier du vieux Paris-Col. Gaignières © MCP
►TRUCHET Sébastien (1657-1729)
Ingénieur et spécialiste hydraulique, il prit une grande part dans l'établissement de la conduite des eaux de Versailles et Marly et, directeur de l'exploitation du canal d'Orléans (1691) il fut consulté sur tous les canaux construits ensuite en France.
 
Inventeur d'un nombre incroyable de choses, depuis des cadrans solaires jusqu'à des canons en passant par des machines pour transplanter des arbres adultes, Louis XIV le désigna pour participer aux travaux de la Commission Bignon en vue de la préparation d'une encyclopédie sur les métiers. On commença par l’imprimerie pour laquelle l'aide du « mécanicien » qu'était Truchet fut prépondérante lors d’études sur la typographie. Ces études  amenèrent à la conception à la définition du point typographique et à la conception géométrique du fameux Romain du roi.
 
Admis comme membre honoraire à l'Académie des sciences (1699), je ne saurai détailler dans cet article tout ce que cet ingénieux savant inventa et tous les défis de la science mécanique qu’il releva avec succès. De nombreux sites à son sujet existent sur Internet.
Sa renommée ayant franchi les frontières, lorsque le tsar Pierre le Grand vint à Paris (1717) il voulut boire dans le même verre que notre personnage qui resta toujours d’une simplicité et d’un désintéressement exemplaires. A sa mort, survenue après de nombreuses infirmités, Fontenelle fit son éloge, mais le père Sébastien fut-il vraiment inhumé aux Carmes, ce qui serait le plus évident ? Parmi les très nombreux documents que j’ai consultés, un seul auteur l’affirme : Jacques Hillairet dans Les 200 cimetières du vieux Paris.
 

►WINDILLE Beuve de († 1432)
 
En 1362, Jean de La Marche puis son neveu ou frère, Guillaume de la Marche, qualifié de Maître ès Arts, bachelier en Droit et chanoine de Toul, obtinrent le bail de l'ancien collège Constantinople. Mais souventv victime des crues de la Seine, Guillaume de la Marche acheta les bâtiments des religieux de Senlis situé sur la montagne Sainte-Geneviève. A sa mort, Beuve de Winville, son exécuteur testamentaire, poursuivit son œuvre et augmenta le nombre de boursiers accueillis au collège qu’on appela aussi, en l'honneur de son « second fondateur » collège de la Marche-Winville. Parmi ses élèves, on compta Jean Calvin, Nicolas Malebranche, etc.
Ce collège fonctionna jusqu'en 1790 avant de disparaître définitivement lors du percement de la rue des Ecoles entre 1852 et 1855.
Sur sa tombe de pierre plate, son effigie le représentait avec ses habits sacerdotaux.
 












Sources principales :
-Epitaphier du vieux Paris –Tome II
-Antiquités nationales ou recueil des monumens (sic) […] par Louis-Aubin Millin –Tome quatrième (1790)
-Mercure de France de Novembre 1750.
-Description historique de la ville de Paris et de ses environs par M. Piganiol de la Force 6Tome neuvième ( 1765)
-Dictionnaire généalogique , héraldique […] par Aubert de La Chesnaye Des Bois Tome troisième (1757)
-Vêtements carmes : Linges et garnitures dans l’église catholique de rite latin
(https://www.abbaye-saint-hilaire-vaucluse.com/Vetements_carmes,_linge_et_garnitures_liturgiques.pdf)
-Testaments enregistrés au Parlement de Paris sous le règne de Charles VI » Robert Mauger, premier président du Parlement de Paris
-http://corpus.enc.sorbonne.fr/testaments/testament_202
-Truchet & Types PAR Jacques André et Denis Girou CNRS, Orsay http://jacques-andre.fr/faqtypo/truchet/truchet.html
(*) commentaire(s)
Jean Truchet, plus connu sous son nom de religieux, père Sébastien entre entra chez les Carmes à l'âge de dix-sept ans. Mathématicien, son nom reste notamment attaché aux « pavages de Truchet », combinaisons de pavés géométriques pour en faire des dessins plaisants et dont il fut le premier à analyser de façon exhaustive et à en publier le résultat. Ce type de pavés, vignettes ou tarots connurent un véritable développement à partir de la seconde moitié du 19ème siècle.
27 février 2017
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-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 23 septembre 2017
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