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COUVENT DE L’AVE MARIA (Paris) (Disparu)
Vers 1230, saint Louis acquit, près de l’église Saint-Paul, une maison où il installa des femmes et filles dévotes, mais non cloîtrées, des Béguines, probablement venues de Nivelle en Flandres.
Jusqu’à la fin de sa vie, il prit soin de cette communauté dont la fondation fut confirmée après sa mort, en 1327 et 1341. Environ deux siècles plus tard, ce béguinage, longtemps prospère, semble être tombé dans une complète décadence à tel point que, vers 1470, les Béguines, autrefois fort nombreuses, n’étaient plus deux ou trois. C’est alors que Louis XI concéda, aux religieuses du Tiers-Ordre de Saint François, le couvent qu’il fit reconstruire, lui imposant le nom d’Ave Maria.
 
Les actuelles rues Charlemagne, du Fauconnier et de l’Ave Maria (anc. rue des Barrés) formeraient trois de ses côtés, l’enceinte Philippe Auguste (rue des Jardins Saint-Paul) formant le quatrième.
De nos jours, il serait là. Google Earth © MCP
Cette donation était faite depuis deux ans, quand les clarisses établies à Metz, désireuses de fonder une maison à Paris, tentèrent, avec la protection de la reine Charlotte de Savoie, de déposséder les franciscaines de leur couvent. Malgré leurs différents soutiens, penser que Louis XI céderait était mal le connaître. Pour le coup, il confirma sa donation par lettres patentes en 1480 et, en 1482, un arrêt du parlement maintint les franciscaines dans leur propriété.
 
Néanmoins, après la mort du roi, celles-ci, pénétrées, dit-on, d’admiration pour les austérités des clarisses,  et peut-être touchée par la bienveillance dont les honorait Charlotte de Savoie, offrirent spontanément leur couvent aux clarisses. Cette donation fut confirmée en octobre 1483 peu avant le décès de la reine mère.
Six mois après, la bulle papale réunissant les deux communautés, les clarisses s’établissaient à l’Ave Maria en juin 1485.
Comme elles étaient sous la direction du Provincial des cordeliers de France, Charles VIII autorisa douze religieux de cet ordre à résider auprès d’elles pour le service de leur église et, pour logement, leur donna deux tours de l’enceinte de Paris avec la partie du mur qui les rattachait.
 
Bien que les Filles de l’Ave Maria n’aient pas de revenus et vivaient d’aumônes, la communauté fut toujours nombreuse et subsista jusqu’à la Révolution.
 
Supprimé à la Révolution, le couvent servit  de caserne d’infanterie jusqu’au second Empire. Sa chapelle était alors transformée en salle d’armes. Utilisés jusqu'en 1868, les bâtiments furent démolis en 1878, la partie nord étant affectée au lycée Charlemagne (actuel petit lycée).
A la limite de sa partie sud, à côté de l’hôtel de Sens, on installa un marché couvert, le marché de l'Ave-Maria. Ce marché construit en fonte en 1879, sur le modèle des Halles de Baltard, fut démoli en 1905. Le terrain de la partie sud de l’ancien couvent fut alors destiné à une école.
Partie nord de l’ancien couvent : angle des rues du Fauconnier (à droite) et Charlemagne (à gauche) avec le lycée Charlemagne. © MCP
Hôtel de Sens et marché de « l'Ave Maria » (Propriété SABF)
Angle des rues du Fauconnier et de l’Ave-Maria enserrant l’école primaire après la démolition du marché qui lui faisait face © MCP
Enfin, la démolition des immeubles du côté impair de la rue des Jardins Saint-Paul fit apparaître le plus important tronçon encore visible de l’enceinte Philippe Auguste qui formait l’un des côtés du couvent. Ce nouvel espace créé est encore utilisé comme terrain de sport par le lycée Charlemagne.
En reprenant ce plan de lotissement de la caserne (1898), qui occupa l’emplacement de l’ancien couvent, j’ai marqué l’ensemble des immeubles dont la démolition fit apparaître l’enceinte Philippe Auguste servant, sur ce côté, de limite au couvent. Procès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 1898, p. 33 -
La rue des Jardins Saint-Paul (côté impair) avant et après la démolition d’immeubles. Tronçon de l’enceinte Philippe Auguste à droite. http://www.unjourdeplusaparis.com/paris-insolite/enceinte-philippe-auguste-rue-jardins-saint-paul
Espace récupéré servant de terrain de sport au lycée Charlemagne. Vestiges de l’enceinte Philippe Auguste et ancien mur de l’Ave Maria à gauche. Au fond, l'église St-Paul-St-Louis © MCP
Le couvent ne possédant pas de cimetière à proprement dit, aucune campagne d’exhumation à ce titre n’eut lieu. C’est ainsi que les bâtiments et la cour du petit lycée Charlemagne vinrent recouvrir les vestiges du couvent détruit et, avec eux, les dépouilles avec ou cercueils qui s’y trouvaient. Il fallut des travaux dans les sous-sols du petit lycée pour découvrir une partie de l’ensemble ce qui initia une campagne de fouilles en 1993.
 

Les fouilles de 1993
 
Les deux tiers nord du quadrilatère que formait l’ensemble monastique sont occupés par le petit lycée. Les fouilles, menées de mai à août  de 1993, se limitèrent donc à environ 360 m2 du nord de la cour. Cette partie livra les restes de l’église et son abord immédiat.
Les six zones fouillées  : trois caveaux (1, 2 et 6) ; la chapelle de Retz (3) ; la nef (4) et un extérieur à l’église correspondant à une  partie de la salle du chapitre (5),  amenèrent à la découverte de 237 individus dont 94 en place et 17 dans des cercueils en plomb.  143 n’étaient plus, en partie ou en entier,  dans leur emplacement initial,  leurs ossement ayant servi de remblais ou ayant été réduits.
Les principales découvertes,  extraites de la Revue archéologique du Centre de la France (1996) (voir :  Sources principales), sont reprises dans les paragraphes qui suivent.
© Revue archéologique du Centre de la France (1996)
Y furent inhumés
 
Des religieux cordeliers inhumés sans cercueils, notamment dans le chœur, la tête tournée vers l’est contrairement à la pratique qui voulait que le corps soit orienté la tête à l’ouest et les pieds à l’est, ce qui était le cas de toutes les autres dépouilles retrouvées lors des fouilles de 1993.
Des religieuses également inhumées sans cercueil, souvent à l’extérieur de l’église. Cette ultime humilité, caractérisant leur vie d’ascète, aurait-elle été accompagnée d’un anonymat volontaire, pratique d’actualité pour certaines communautés de clarisses ? Quoiqu’il en soit, aucune pierre tombale, ni épitaphe, de moniale n’a été retrouvée.
On notera aussi la présence de nombreux conseillers du roi et magistrats (auditeurs, maîtres des requêtes, etc.), de « marchands bourgeois », etc.
Au bout du compte, une grande quantité d’épitaphes et leur cortège de « très haut et très puissant » pour en fait relativement peu de personnalités vraiment incontournables ou notables.
Lors des fouilles de 1993, on ne trouva qu’un seul cercueil de forme trapézoïdale, tous les autres étant anthropomorphes.
►CLERMONT Claude-Catherine de, duchesse de Retz (1543 – 1603)
Méconnue de nos jours, elle fut pourtant l’une des grandes salonnières de son temps. Maîtrisant parfaitement l’italien, le latin, le grec et d’autres langues, extrêmement cultivée, dans son « salon vert de Dictynne », elle réunit tous les beaux esprits de son époque, des poètes, mais aussi des peintres, des musiciens, des philosophes et des hommes politiques.
Ses compositions et poésies, aujourd'hui perdues, son goût pour les sciences, sa passion pour la musique (elle chantait et jouait du luth) lui valurent une immense admiration de ceux qui la fréquentaient.
Elle acquit ainsi une grande réputation par ses réalisations intellectuelles, qualifiée de « dixième muse » et de « quatrième grâce ». L’érudit François Grudé (1552-1592), disait qu’elle méritait « d'être mise au rang des plus doctes et mieux versées tant en la poésie et art oratoire qu'en philosophie, mathématiques, histoire et autres sciences. »
A ses infinis talents, elle joignait aussi une grande beauté. Très courtisée, elle avait épousé en secondes noces (1565), Albert de Gondi, maréchal de Retz, qui lui fit une dizaine d’enfants.
Nommée dame d'honneur de Catherine de Médicis, puis d'Elisabeth d'Autriche et de Marguerite de Valois, gouvernante des enfants de France, elle fut mêlée aux intrigues de cour et s'immisça même à plusieurs reprises en politique.
Pour parfaire le portrait, on soulignera aussi son courage, lorsqu’en l’absence de son époux, elle prit la tête de troupes pour faire fuir des ligueurs qui menaçaient ses terres.
A sa mort, elle fut inhumée dans le caveau de la chapelle Saint-Michel du couvent où reposait déjà sa mère, Jeanne de Vivonne. Au milieu de la clôture, une arcade surbaissée en marbre blanc et accostée de quatre colonnes ioniques en marbre noir, supportait un large entablement de marbre noir, sur lequel était posée, œuvre de Prieur, la statue de la défunte agenouillée devant un prie-Dieu orné de ses armes. L’ensemble était complété par deux longues épitaphes en latin et par deux quatrains.
Col. Clairambault
Du monument, seule la statue fut récupérée et déposée au Musée des Monuments françaisAlexandre Lenoir lui recomposa un mausolée factice avec des fragments provenant d’autres tombeaux et autres pièces lapidaires. Qu’on en juge :
-Les colonnes de « vert de mer » qui supportaient le sarcophage proviendraient du tombeau de la famille Boucharat en l’église Saint-Landry ou de l’abbaye de Saint-Denis.
-Le bas relief en albâtre, œuvre de Germain Pilon, provenait de l’église Saint-Etienne-du-Mont.
Le socle et son lion chimérique provenait du tombeau de Chabot (s’il s’agit de l’amiral Philippe de Chabot, inhumé au couvent des Célestins, j’ai un gros doute pour le socle)
Etc.
 
Et voilà le résultat de ce joyeux bric-à-brac...
Col. Lenoir -BnF
Au début du 20ème siècle, on retrouvait le sarcophage dans une des galeries du château de Versailles. Je perds ensuite sa trace. Et quid de la statue ?
Huit personnes au moins furent inhumées dans le même caveau, dont sa petite-fille, Anne de La Madeleine-Ragny, ainsi que deux cœurs de plomb. Son cercueil anthropomorphe en plomb fut retrouvé en très mauvais état en 1993. Il portait une plaque avec l’inscription suivante :
►FLORETTE Jean de († 1585)
Simple clin d’œil à l’œuvre de Marcel Pagnol, ce Florette (Fleurette) là était conseiller du roi en sa cour du parlement et es-requêtes du palais.
► FOUCAULT Louis, comte du Daugnon (1616-1659)
Maréchal de France
Elevé page du cardinal de Richelieu, après s’être attaché au duc de Brézé (fils du maréchal), et avoir obtenu la charge de vice-amiral (1640), il servit contre les Espagnols. Lieutenant général au gouvernement de Brouage, Oléron et îles adjacentes, puis aux gouvernements d’Aunis et de la Rochelle en 1644, la même année, il participa au blocus naval de Tarragone.
Maréchal de camp (1646), il combattit avec la flotte levée contre les Espagnols, mais ne suivit pas les derniers ordres de Brézé avant sa mort, qui étaient de poursuivre et prendre Orbetello (Italie).
Au contraire, il se replia vers Toulon. En 1651, se déclarant en faveur du grand Condé, il fut officiellement destitué de toutes ses charges. En 1653, alors qu’il tenait La Rochelle pour les frondeurs, la ville fut prise par les troupes royales. Contre une somme astronomique, le gouvernement de La Rochelle et un bâton de maréchal, Mazarin acheta son ralliement et Foucault se retira. On ne s’attardera pas davantage sur la loyauté du personnage.
Après avoir successivement porté ses vues sur d’éventuelles épouses, il convola avec Marie Fourré de Dampierre († 1696) qui le rejoignit dans la tombe.
 
►HARLAY Jacques de (1554 - 1630)
De noblesse ancienne,  alliée à des familles de grande robe, la famille de Harlay donna au 16ème siècle des ecclésiastiques, des magistrats, des hommes de guerre et d’Etat dont certains jouèrent un rôle de premier à la fin du 16ème siècle.
Marquis de Bréval, seigneur de Champvallon, Jacques exerça plusieurs fonctions dans la maison de François d’Alençon, dont celle de Grand écuyer, et participa avec lui à ses entreprises aux Pays-Bas.  Beau, très lettré, Margueritte de Navarre le remarqua et en fit son amant. Leur liaison dura de 1580 à 1583. Bien qu’entre temps, en 1582, il eût épousé Catherine de La Marck -fille de Robert IV de La Marck et de Françoise de Brézé- en juin 1583, Margot mit au monde un fils que le tout Paris lui attribua. Furieux, Henri III fit rechercher le coupable de ce scandale, mais aussi, et surtout,  de menées dangereuses avec Alençon et Margot. Caché dans sa famille, puis dans sa belle-famille, mal en cour à la mort d’Alençon, il se jeta dans la Ligue en se mettant au service du duc Charles de Mayenne puis de Charles III de Lorraine.  Chevalier de l’ordre du Saint-Esprit, protecteur des écrivains, il incarna un type social très apprécié de la cour des derniers  Valois.
L’un de ses fils, François de Harlay (1585-1653), fut archevêque de Rouen et un ardent propagateur de la Contre-réforme.
►HARLAY Louis de (cœur) († 1674)
Fils de François Bonaventure de Harlay, lieutenant général des armées du roi, engagé dans la profession des armes où il se distingua, il trouva la mort lors de la bataille de Seneffe (Belgique)  peut avant sa 27ème année. Il fut inhumé dans l’église de Charleroi.
 
►HERBERAY DES ESSARTS Nicolas de († 1552)
Gentilhomme picard, commissaire ordinaire de l’artillerie, il fut surtout connu pour ses diverses traductions d’œuvres espagnoles en français  comme les Amadis de Gaule de Garcia Rodríguez de Montalvo, ou les Amadis de Grèce de Feliciano de Silva.  Avec lui reposait sa femme, Marie Compain (†1549).
 
►LA MADELEINE-RAGNY Anne de, duchesse de Lesdiguières († 1656)
Petite-fille de la duchesse de Retz, elle avait épousé, en 1632, François de Bonne de Créquy, petit-fils du maréchal  de France, François de Bonne de Lesdiguières. Inhumée dans le même caveau des Retz, son cercueil anthropomorphe en plomb, avec croix latine sur le couvercle,  fut  retrouvé en 1993 écrasé par la terre et éventré au niveau des membres inférieurs. Le cercueil en plomb enveloppait un autre en bois de même forme. Son crâne scié laisse suggérer un embaumement.
© Revue archéologique du Centre de la France (1996)
A défaut d’épitaphe dans l’église, il portait une plaque avec l’inscription suivante :
►LA TRÉMOUILLE Charlotte-Catherine de (1568- 1629)
Issue d’une des plus anciennes familles de France étroitement liée à la maison royale, petite-fille d’Anne de Montmorency, elle adopta le religion réformée et, en 1586, épousa Henri Ier de Bourbon-Condé, l’un des hommes les plus importants du royaume, tenant le rang prestigieux de premier prince du sang. De son côté, Charlotte apportait une dot conséquente.
En 1587, Eléonore de Condé venait au monde. L’année suivante, Charlotte était de nouveau enceinte quand, le 5 mars, son mari mourut brutalement à Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime).
Comme souvent lors trépas soudains, on mit ce décès sur le compte d’un empoisonnement dont Charlotte fut immédiatement soupçonnée après avoir, dit-on, commis un adultère : un serviteur de Condé, soigneusement soumis à la question, n’avait-il pas  apporté de nombreuses charges contre son épouse, notamment sur ses amabilités envers un page ?
Arrêtée et jugée par le parlement de Paris, les poursuites s’interrompirent à l’annonce de sa nouvelle grossesse. Détenue à Saint-Jean-d'Angély, son fils naquit en prison. Henri de Navarre, que les calvinistes suspectèrent de l’empoisonnement pour se débarrasser de son rival politique, désormais roi de France, lui donna pour gouverneur, le diplomate et militaire Jean de Vivonne. Le parti protestant accepta alors de laisser partir le prince pour la Cour. Sur présentation d'un placet, signé par de nombreux Grands, Henri IV se résigna à libérer la princesse, le procès reprenant devant le Parlement à Paris. L'acquittement fut prononcé le 24 juillet 1596, et son abjuration de la religion réformée la même année. Henri IV reconnut l'enfant de Charlotte-Catherine comme le fils légitime d'Henri Ier de Bourbon, lui donnant ainsi le rang de premier prince du sang sous le nom d’Henri II de Condé, faisant de lui l'héritier présomptif du trône de France jusqu'à la naissance du futur Louis XIII.
 
A sa mort, Charlotte-Catherine fut inhumée dans la chapelle des Bourbons du couvent où son fils lui fit ériger un superbe tombeau, en marbre blanc et noir, œuvre de Simon Guillain (1581-1658) qui conçut un « mausolée clôture ». La clôture qui fermait la chapelle était ornée de deux colonnes ioniques dressées sur les côtés de la porte et surmontées d’un entablement portant le cénotaphe sur lequel la princesse était représentée, richement vêtue et priant, la tête orientée vers le maître-autel, comme pour assister à l’eucharistie. Deux petits anges étaient posés à aux extrémités de l’entablement. Sur la partie supérieure des deux panneaux du mur de clôture, décorés d’écussons sculptés, se voyaient des cassolettes fumantes. Le tout était complété par une épitaphe en latin. De cette merveille il ne reste que le priant conservé au musée du Louvre.
Col. Gaignières
© MCP
Détail du manteau © MCP
►MOLÉ Mathieu (1584 – 1656)
Admis comme conseiller au parlement de Paris (1606), président aux requêtes (1610), puis procureur général (1614), il  s'opposa en vain à la création de tribunaux d'exception pour juger les affaires politiques. En raison de son obstination à défendre la cause des frères Louis et Michel de Marillac, il fut suspendu en 1631, et convoqué  pour se justifier.
Malgré son inclination pour les doctrines de Port-Royal, ses relations avec Richelieu furent  satisfaisantes. Mais ce n'est qu'après la mort du cardinal que Molé parvint à obtenir la libération de son ami, l'abbé de Saint-Cyran.
Nommé Premier président du parlement de Paris (1641), avec instruction d'interdire toute assemblée générale des chambres sans la permission expresse du roi, il dut faire face à l’accroissement de l’agitation parlementaire avec des magistrats chercahnt à établir une nouvelle constitution. Dans le long conflit qui s'ensuivit entre Anne d'Autriche et le parlement, Molé, sans rien céder des droits de la juridiction, joua un rôle de conciliation.
Lors de la journée des barricades (26 août 1648) il alla trouver la reine et Mazarin pour demander la libération du parlementaires Pierre Broussel et de René Potier de Blancmesnil, dont l'emprisonnement avait été l'élément déclencheur de l'émeute. Le lendemain, le Parlement refit, en corps, la même démarche. Sur le chemin du retour, Messieurs du Parlement furent arrêtés par la foule, et Molé fut menacé de mort s'il ne ramenait soit Broussel, soit Mazarin comme otage. La plupart des magistrats s'enfuirent, mais quelques-uns, conduits par Molé, retournèrent au Palais-Royal et persuadèrent Anne d'Autriche de libérer les prisonniers. Molé y gagna une réputation d'intrépidité : « le plus intrépide homme à mon sens qui ait paru dans son siècle », selon le cardinal de Retz. Si ses conseils de modération ne permirent pas d'éviter la première Fronde, il négocia la paix de Rueil (1649) et évita un affrontement entre les partisans de Condé et ceux du cardinal de Retz.
 
Personnalité exemplaire, après avoir refusé les honneurs et les récompenses, il fut nommé garde des sceaux  (1651), fonction qu’il conserva jusqu’à sa mort.
En vertu d’une dispense spéciale du pape, il fut inhumé dans le chapitre de l’Ave Maria où était apposée une très longue et magnifique épitaphe en latin. Sa descendance donna l’homme politique et académicien Mathieu Molé (1781-1855).
Lors des fouilles de 1993, son cercueil en plomb fut retrouvé avec une plaque et cette inscription :
Son squelette, plutôt en mauvais état, laissa apparaître la présence sur sa tête d’un bonnet demi-sphérique en soie et satin, coiffure avec laquelle il est toujours représenté.
Sur le cercueil de sa femme, Renée Nicolaï, qui l'avait précédé dans la tombe, on pouvait lire cette épitaphe :
►PAUL(L)E Pierre, dit l’Italien († 1637)
Si l’on en croit son épitaphe, il ne fut pas un personnage anodin puisqu’on lit qu’il était architecte du roi (Louis XIII à priori), qu’il fut également son valet de chambre ordinaire, contrôleur de ses bâtiments et concierge des châteaux de Fontainebleau, Moulins et Bourbon-l’Archambault. Bref, un cumul de fonctions d’importance et de confiance et pourtant je n’ai pas trouvé la moindre ligne sur le personnage ailleurs que sur son épitaphe.
 
►PICOU Robert (v. 1593-1671)
Peintre, graveur et valet de chambre du roi, bien oublié et très peu renseigné, parmi ses œuvres on lui connait L’arrestation du Christ d’après une peinture de Jacopo Bassano (1510 - 1592)
L’arrestation du Christ d’après une peinture de Jacopo Bassano ci-après
Musée du Louvre © RMN-Grand Palais / Michèle Bellot
►SCARRON DE VAURES Michel-Antoine († 1655)
Oncle du poète Paul Scarron, conseiller en la 3ème chambre des enquêtes du parlement de Paris, contrôleur des Ponts et Chaussées, trésorier général de France, il avait acquis, en 1619, l’hôtel d’Aumont. Le trouvant trop vétuste, il le fit abattre pour le remplacer, à partir de 1644, par l'hôtel actuel construit sur les plans de Louis Le Vau qu’occupa son gendre, le maréchal Antoine d’Aumont.
Avec lui reposait sa femme, Catherine Taddel († 1658). Une simple lame de marbre noir appliquée à la muraille de leur chapelle éponyme, indiquait leur présence.
 
►VENIAT († 1659)
Comme on est rarement mieux servi que par soi-même, j’ai noté la présence d’un dénommé Veniat, dont le frère Charles reposait aussi à l’Ave Maria. N’ayant pas trouvé la moindre information sur le personnage, je rajouterai : Sic transit gloria mundi…
►VIVONNE Jeanne de († 1583)
Epouse de Claude de Clermont, baron de Dampierre († 1545), elle était la mère d’une enfant unique, Claude-Catherine de Clermont qui fut inhumée près d’elle.
Son mausolée, adossé au mur du fond de la chapelle Saint-Michel, était orné d’une statue priant attribuée à Germain Pilon.
Une longue épitaphe en latin gravée se lisait sur la table en marbre noir  qui formait la base du monument. Une autre,  gravée sur lamelle de marbre, se lisait :
Epitaphier du vieux Paris  © MCP
Portée au Musée des Monuments français, cette statue eut plus de chance que celle de la duchesse de Retz puisqu’après avoir été attribuée, en 1820, au musée d’antiquités de la ville de Poitiers, où les Vivonne avaient un tombeau dans l’église des Cordeliers, elle réapparut dans les galeries historiques du château de Versailles (1834) avant d’intégrer le musée du Louvre (1893). Encore fallut-il attendre 1900 pour l’identifier correctement car, jusque là, on l'avait confondu avec la statue de Charlotte-Catherine de La Trémoïlle.
© C. Jean/ RMN
2 novembre 2016
Plan Turgot par Bretez (1739)
Mais aussi les cœurs de :
 
►ANTOINE DE PORTUGAL († 1595), roi de Portugal, mort en exil à Paris, il fut inhumé au couvent des Cordeliers. A la destruction du couvent, ce cœur fut déposé à l’Hôtel d e Ville où il disparut lors de l’incendie de celui-ci en 1871.
 
►HARLAY Louis
 
► NICOLAÏ Jean de († 1624) inhumé à Saint-Merry
 




Sources principales
-Epitaphier du vieux Paris –Tome I
-Histoire et dictionnaire des guerres de religion –Ed. Robert Laffont (1998)
-Musée des Monuments français ou description […] par Alexandre Lenoir  –Tome III (1802)
-Musée du Louvre © direction des musées de France, 2001
-Les pratiques funéraires au couvent et monastère de l'Ave Maria de Paris de la fin du Moyen-Âge à l'époque moderne par Emmanuelle du Bouëtiez de Kerorguen -Revue archéologique du Centre de la France  Année 1996  Volume 35  e  pp. 153-175
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-Crypte impériale des Capucins de Vienne (Autriche)
 
-Eglise du Dôme des Invalides (75)
-Eglise de La Madeleine (75)
-Eglise La Madeleine-de-la-Cité (75) (disparue)
-Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux (75)
-Eglise St-Barthélemy (75) (disparue)
-Eglise St-Benoît, la bien tournée (75) (disparue)
-Eglise St-Christophe (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-de-la-Chartre (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-du-Pas (75) (disparue)
-Eglise St-Eloi (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne-du-Mont (75)
-Eglise St-Eustache (75)
-Eglise St-Germain-l'Auxerrois (75)
-Eglise St-Germain-le-Vieux (75) (disparue)
-Eglise St-Gervais-St-Protais (75)
-Eglise St-Hippolyte (75) (disparue)
-Eglise St-Jacques-de-la-Boucherie (75)
- Eglise St-Jacques-du-Haut-Pas (75)
-Eglise St-Jean-en-Grève (75)
(disparue)
-Eglise St-Jean-le-Rond (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-le-Pauvre (75)
-Eglise St-Landry (75) (disparue)
-Eglise St-Laurent (75)
-Eglise (cathédrale) St-Louis-des-Invalides (75)
-Eglise St-Louis-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise et cimetière (disparu) St-Louis-en-l'Île (75)
-Eglise St-Marcel (75) (disparue)
-Eglise St-Martial (75) (disparue)
-Eglise St-Médard (75)
-Eglise St-Merry (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Chardonnet (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 14 novembre 2017
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