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La Colonne de Juillet : la plus haute pierre tombale de Paris
Place de la Bastille
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Dominant la place de la Bastille avec ses 50, 52m, (52 avec le Génie de la Liberté qui la surplombe) la colonne de Juillet est, sauf erreur ou omission, la plus haute pierre tombale de Paris !
 
Le projet d’installer une colonne au centre de la place, où se dressait peu avant la célèbre forteresse, date de 1792. Mais on y installa d'abord la Fontaine de la Régénération qui commémorait la prise des Tuileries du 10 août 1792.
Gravure d'après un dessin de Charles Monnet
Le 10 août 1793, elle fut le cœur de la fête de l'Unité et de l'Indivisibilité de la République, organisée par Jacques Louis David et conçue par Hérault de Séchelles. De style égyptien, elle était une allégorie de la Nation, dont l'eau sortait des mamelles en deux jets recueillis dans un bassin…
Sous l'Empire, un projet aussi simple que le précédent vit le jour. Un éléphant militaire à l'antique en bronze et colossal (16 mètres de long, 15 mètres de haut soit 24 mètres sur le socle) devait agrémenter une fontaine alimentée par le canal de Saint-Martin passant juste en dessous…
La première pierre du socle fut posée le 2 décembre 1808, pour commémorer le quatrième anniversaire du sacre de Napoléon Ier. Une maquette grandeur nature fut posée juste à côté. Trop onéreux, le projet fut abandonné et l’éléphant en bois et plâtre tomba progressivement en ruine avant de disparaître en 1846.
Erection de la colonne avec l'éléphant à ses côtés. BnF
Le modeste pachiderme en maquette...
On était toujours bien loin de l’idée d’un cimetière…Les évènements politiques allaient y remédier.
 
La révolution des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, dites les  Trois Glorieuses, qui vit la chute de la Seconde Restauration au profit de la monarchie de Juillet, engendra son lot de violence et de combattants morts pour la liberté. Au nombre de 504, leurs dépouilles furent inhumées provisoirement dans les jardins du Louvre, le terrain de l’ancien cimetière des Innocents et rue Fromenteau qui se situait à l’emplacement de l’actuelle place du Carrousel.
 
Un an plus tard, le projet d’une colonne en l’honneur de l’évènement avait pris forme et le 27 juillet 1831, Louis-Philippe en posait la première pierre. Inspirée par la colonne Trajane de Rome, elle fut dessinée par l'architecte Jean-Antoine Alavoine. Les travaux ne commencèrent qu'en 1835, où l'on procéda à la fonte des pièces en bronze.
En 1839, par la loi du 26 juillet, la colonne devait devenir un monument funéraire et l'architecte Joseph-Louis Duc en achevait la décoration. En 1840 elle était prête pour les célébrations des dix ans des Trois Glorieuses.
La colonne se dresse et toujours (à gauche) l'éléphant qui ne disparaîtra qu'en 1846.
Comme une longue litanie burinée dans le bronze, les 504 noms des victimes étaient gravés. Restait à les inhumer.
 
La galerie souterraine, construite à l’origine pour recevoir les conduits d’alimentation de la fontaine, avait été transformée en caveaux funéraires. Semi-circulaires et placés de chaque côté du canal, ils sont au nombre de deux, chacun contenant deux compartiments.
 
Pour l’occasion le gouvernement fit les choses en grand, en très grand. Pour commencer, les restes exhumés des 504 défunts furent placés dans cinquante cercueils déposés sur un char tiré par vingt chevaux richement caparaçonnés. Toute la journée fut ponctuée  par des coups de canon.
 
On avit commandé une symphonie à Hector Berlioz qui composa la Grande symphonie funèbre et triomphale. Il fallait le voir en uniforme de la Garde Nationale, en marchant à reculons et dirigeant une grande fanfare militaire de deux-cents musiciens qui accompagnait le cortège.
Le talent de Victor Hugo fut aussi mis à contribution qui écrivit un hymne aux morts de Juillet. Cette même poésie sera resservie au moment du centenaire de l’auteur en 1902:
 
Ceux qui sont morts pour la patrie
Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie,
Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau,
Toute gloire, près d’eux, passe et tombe éphémère,
Et come ferait une mère,
La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau.
 

Sur la place des tribunes avaient été dressées.
Inauguration de la colonne. BnF
Le char funèbre
Les caveaux sont interdits au public. Cliché rapide pris du canal Saint-Martin. L'Indépendant du 4e.
Les caveaux ne se visitent pas. Le seul moyen d'en avoir un aperçu éphémère est de s'offrir une promenade sur le Canal Saint-Martin qui passe en dessous.  
Deux cent trente huit marches doivent être gravies pour arriver en haut de ce monument sans doute le plus emblématique des combats pour la liberté de la capitale.
 
D’ailleurs, à son sommet, une sculpture en bronze doré, signée Auguste Dumont, en symbolise toute son histoire : c’est le Génie de la Liberté représentant « la Liberté qui s’envole en brisant des fers et semant la lumière », tenant dans la main gauche une chaîne brisée et, de la droite, le flambeau de la civilisation.
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(*) commentaire(s)
1er février 2012
On descendit les cercueils dans les caveaux, cercueils qui furent recouverts de grandes dalles de pierre, laissant libre les niveaux supérieurs qui seront occupés dix-huit plus tard.
 
Car dix huit ans plus tard, du au 25 février 1848, sous l’impulsion des libéraux et des républicains, eut lieu une autre révolution qui mit fin à la Monarchie de juillet et au règne de Louis-Philippe. Des victimes vinrent combler les parties supérieures des caveaux aménagées en un nouveau sarcophage. Cette fois pas de démonstration grandiloquente : après les premières luttes beaucoup de combattants tués  furent de suite transportés dans les caveaux. Le 4 mars, après un service funèbre en l'église de La Madeleine, quinze cercueils les rejoignirent.
A ces morts vinrent se joindre ceux des émeutes du mois de juin de la même année, soit un total de 196 ou 203 personnes.
 

Donc 700 ou 706 personnes reposeraient sous la colonne. Pas tout à fait.
Bien involontairement un invité surprise se glissa parmi elles : une momie égyptienne découverte lors de l’expédition en Egypte de Bonaparte.
Expédiée en France et conservée au musée du Louvre, vers 1825, son état de dégradation était tel qu’on l’enterra dans les jardins du Louvre dits « Jardins de l’Infante » où furent ensevelis une partie des victimes des Trois Glorieuses. Quand celles-ci furent exhumées, la dépouille enrubannée de l’égyptien, confondue avec une victime de la Saint-Barthélemy par le fossoyeur, se retrouva mêlée aux restes des plébéiens révoltés !  
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par Marie-Christine Pénin
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