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2 octobre 2017
COLLÉGIALE SAINT-GEORGES DE VENDÔME (Loir-et-Cher) : NÉCROPOLE, entre autres, DES BOURBONS-VENDÔME (Disparue)
Le château de Vendôme et la collégiale Saint-Georges au 17ème siècle © BnF/Gallica
Les vestiges de nos jours : http://www.francebalade.com/vendome/vendrempar.htm
© Pline
Sur le plateau de l’éperon rocheux qui domine Vendôme, il y eut peut-être un oppidum gaulois, suivi, là encore sans certitude, d’un castrum romain. Les doutes sur une bâtisse fortifiée construite sur ce promontoire idéal s’effacent aux 9ème et 10ème siècles avec l’existence d’un château comtal primitif qui fit place à une imposante forteresse durant la suite des temps féodaux.
 
Plusieurs dynasties se succédèrent comme gouverneurs du Vendômois, comtes puis ducs de Vendôme jusqu’à celle des Bourbon-Vendôme dont est issu Henri IV.
Celle des Bouchard, apparut à l’époque carolingienne puis, par faits d’alliances et de successions,  les maisons d’Anjou,  de Nevers, de Preuilly, de Montoire et enfin celle des Bourbons dès le 14ème siècle.
 
La fondation de la  collégiale Saint-Georges, qui  allait servir de sépulcre à de nombreux représentants de ces dynasties, reste très imprécise. Au bout de la controverse, on admet de façon un peu arbitraire l’année 1037, sous Geoffroy Martel (1006-1060), comte de Vendôme puis d’Anjou ;  sa femme, Agnès (990/995 - 1068)  en étant la fondatrice.  Dès son origine, les fondateurs y firent venir des chanoines, ceux restant sur place ayant opté  pour le statut de
« séculier ».
D’abord romane, elle subit au cours des siècles de nombreux remaniements, agrandissements mais aussi, et surtout, des restaurations intérieures conséquentes. Son mobilier, guère connu,  varia d’une époque à l’autre selon les bienfaiteurs ou bienfaitrices dont la plus généreuse fut probablement Marie de Luxembourg. Elle posséda jusqu’à seize chapelles, la plupart ornées de vitraux aux armes des  donateurs, et un cimetière.
Haut lieu de spiritualité mais aussi, et surtout son intérêt premier, haut lieu de mémoire historique. Véritable petit « Saint-Denis » vendômois, là furent inhumés bon nombre de comtes et ducs de Vendôme jusqu’aux Bourbons dont l’importance, pour beaucoup, dépassa le cadre de l’histoire locale pour s’inscrire dans celle de la France. Pour la plupart, les cercueils en plomb, étaient placés dans des caveaux voûtés ou non, sous les dalles du sanctuaire, et donnèrent lieu à l’élévation de quelques remarquables mausolées et d’épitaphes non moins intéressantes. Sa fondatrice n’y reposa pas.
 
Le comté de Vendôme fut érigé en duché-pairie en 1514 faisant de Charles de Bourbon, grand-père paternel d’Henri IV, le premier duc de Vendôme. Son fils, Antoine, épousa Jeanne d’Albret dont la collégiale conserva un souvenir pour le moins ému... Farouche huguenote, son fanatisme provoqua une première dévastation de la collégiale bien avant la Révolution.
Peut-être très irritée et provoquée par le reconversion de son mari au catholicisme, elle installa, outre le prêche protestant, une garnison de Suisses et de Gascons huguenots au pied du château. Après de multiples mesures vexatoires de sa part au sein de la collégiale, le 19 mai 1562, elle laissa ses soldats y exercer leur fureur : les  tombeaux des Bourbons furent profanés, les statues brisées et tous les autels saccagés. Les reliquaires, tous les objets du culte et les bijoux furent retirés aux chanoines atterrés. Le lendemain, effrayée par le mécontentement populaire qu’elle venait de soulever, et sans doute pour se protéger d’un coup de force des vendômois pro-catholiques, elle fit désarmer la ville. En nommant un huguenot au gouvernement du Vendômois, Jeanne établit et maintint un temps le protestantisme dans la région avant que les catholiques ne reprennent le dessus à sa mort.
Quant aux bijoux et autres richesses pillées dans la collégiale, elle les vendit pour la somme de 30.000 livres. Malgré le récépissé qu’ils avaient obtenu de Jeanne, les chanoines eurent beau n’avoir de cesse de tenter de recouvrer une partie de leur trésor ou de toucher des indemnités, ils n’obtinrent jamais la moindre compensation.
 
Lorsqu’en 1589, Henri IV assiégea  la ville vouée à la Ligue, la collégiale, placée sous la protection personnelle du roi, ne subit aucune exaction.
Eglise paroissiale en 1626, elle resta d’abord à l’usage exclusif des gens et personnels du château  avant de s’ouvrir peu à peu aux habitants des quartiers avoisinants, puis à toute la population vendômoise, ce au grand déplaisir des chanoines, mais il fallait bien vivre.
Au 17ème siècle, pour différentes raisons, s’amorça un irréversible processus d’abandon du château. César de Vendôme fut le dernier à y séjourner.
Rattachée officiellement à la couronne en 1724, mais non inscrite sur l’état des Maisons royales, plus que jamais les outrages du temps, aidés des pilleurs, eurent raison de la bâtisse. En 1768, malgré la consternation des habitants, le maire de Vendôme fut autorisé à en prévoir la démolition afin de récupérer les pierres pour les utiliser dans la ville.  Toutefois, araser un tel monument coûtant très cher : on tergiversa, quelques années passèrent et arriva la Révolution  qui mit un terme aux  atermoiements. En 1791,  le château fut vendu en six lots.
 
Privée de ses bienfaiteurs depuis 1724, faute de moyens, et malgré les efforts des chanoines, la collégiale ne pouvait que s’appauvrir et suivre le château dans son délabrement. Les tombeaux, laissés eux aussi à l’abandon par des chanoines démunis et impuissants, finirent par offrir un triste spectacle.
En 1747/1748, le maréchal de Maillebois, désireux de les voir, les découvrit pour la plupart « ouverts et exposés à toutes sortes de désordres ».  Grâce à son intervention auprès de Louis XV « […], ils furent fermés en maçonnerie et par là à l’abri de toute insulte ».
 
Un sauvetage de sépultures râté pour cause de vol...
 
Livrée à elle-même, pillages et dévastations dépouillaient la collégiale un peu plus chaque jour. Le 22 avril 1792, la municipalité décida de la suppression de « l’oratoire » du château qui lui occasionnait de lourdes dépenses et demanda la translation des cendres des Bourbons en l’église de la Trinité, ce qui lui fut accordé, sans réserve,le 25 août, après le saccage et les vols  d’épitaphes, fragments de tombeaux en marbre, etc. Mais, le  20 septembre, on réclamait le plomb des cercueils. Un fait imprévisible en fit surseoir l’exécution : une nouvelle et énième tentative de vol concernant ces plombs ayant eu lieu, l’ouverture d’une enquête obligea leur maintien sur place comme pièce à conviction. Ce dernier délai involontaire apporté à leur translation fut, hélas, l’occasion de leur perte : le 28 mai 1793, le 3e bataillon des Volontaires de Paris, en route pour la Vendée, s’arrêta à Vendôme, saccagea la collégiale et  viola les sépultures en arrachant les défunts de leurs cercueils qu’il exposa aux pires excès.
Le 24 août, la collégiale fut adjugée à plusieurs particuliers spéculateurs qui en récupérèrent les matériaux afin d’en tirer profit. Exception faite pour la voûte du chœur, encore visible en 1814 puis détruite par les Anglais qui occupait le site, et de quelques vestiges,  elle fut rasée.
La collégiale, au 17ème siècle du temps de César de Vendôme © BnF/Gallica
Dessin de Rochambeau, Le Vendômois, épigraphie et iconographie
En foncé : vestiges encore en place
En clair : reconstitution des parties disparues d'après le fouilles de l'abbé Plat (J.C. Pasquier, d'après S. Trocmé) © MCP
Et ensuite ?
 
Après la mise à sac, les ossements dispersés auraient été rassemblés dans plusieurs cercueils qui auraient peut-être été enterrés « derrière le pignon de la chapelle du grand cimetière » en attendant une sépulture plus digne. Ce cimetière ferma en 1832 au profit celui de la Tuilerie. On parle aussi d’un local...Jetés pêle-mêle dans un caveau défoncé envisagé comme celui des Bourbons, les fouilles effectuées en 1934 et 1935 n’ont pas mis à jour la moindre caisse contenant des ossements.
 
L’histoire reprit en 1816 quand Armand de Beaumont, sous-préfet de Vendôme, sollicita l’autorisation de faire enlever « les corps et notamment celui de la mère d’Henri IV » pour les déposer dans la cathédrale de Vendôme, ce qui ne fut pas suivi d’effet. En 1819, il racheta le tout et en fit don à la ville.
 
Il fallut attendre 1934, pour qu’enfin une première campagne de fouilles sérieuse soit entreprise de mai à juillet, suivie d’une seconde en 1935, de septembre à novembre. Dirigées par l’abbé Plat, elles permirent d’établir le plan de la collégiale et d’apporter des renseignements d’ordre historique et artistique avec la découverte de cinq caveaux, des vestiges de leur ornementation plus ou moins bien conservés, des fragments de monuments funéraires, des débris de divers matériaux (épée, tissus, lames de plomb, vitraux, statues, etc.), ainsi qu’un grand nombre d’ossements princiers mais probablement aussi de chanoines.
L’abbé Plat (1876-1950), ecclésiastique et archéologue, pour qui l'étude du bâti resta une préoccupation constante, mena ses deux campagnes de fouilles dans le but de retrouver les tombeaux des Bourbons et, si possible, le plan de l’église. Challenge réussi qu’on ne peut que saluer car l’entreprise se fit avec des moyens très limités. Mais, malgré ce succès, et sans lui retirer une once du mérite de son travail, on peut lui reprocher de ne pas avoir publié le résultat de ses recherches qui reste parcellaire avec, parfois, de simples petites notes d’observation prises sur le tas et souvent inexploitables sur le terrain. Néanmoins, l’été 2017 a vu une nouvelle campagne de fouilles basée en partie sur ses travaux. Il est encore trop tôt pour en connaître les conclusions.  Grâce à des techniques plus performantes que  celles des années 1930, ont peut espérer y voir encore plus clair.  
Vestiges des murs de la nef.Les sarcophages que l'on devinent proviennent d'édifices religieux des alentours.
Merci à la cellule Architecture et patrimoine de la ville de Vendôme pour cette photo
Lieux de fouilles. Merci à la cellule Architecture et patrimoine de la ville de Vendôme pour cette photo
Les fouilles terminées, on combla les caveaux redécouverts. Tous les ossements trouvés furent déposés dans des caisses placées dans deux petits caveaux correspondant à ceux des Bouchard, moins humides que d’autres, c'est-à-dire à l’emplacement du chœur de l’ancienne collégiale où ils se trouvent toujours.
Là, se trouvent les cendres de ceux qui reposèrent en la collégiale.  Merci à la cellule Architecture et patrimoine de la ville de Vendôme pour cette photo
Y furent inhumés
 
On peut le regretter, mais la liste qui suit comporte probablement des lacunes difficiles à quantifier. Il est certain que d’autres tombeaux, voire de simples cercueils, renfermant encore des seigneurs de Vendôme ou leurs proches, ont existé. Mais les archives locales sont souvent déficientes et la dernière campagne de fouilles n'a pas encore délivré ses éventuels secrets. Ainsi, par exemple, connait-on la présence d’au moins deux autres comtes de Vendôme que les archives du chapitre ne mentionnent pas et dont les inscriptions des tombes ont été totalement effacées par les pas des fidèles d’où une impossible identification.
Afin de mieux appréhender le suivi de « l'histoire » des personnages, cette liste est établie, autant que possible, par ordre chronologique et non alphabétique.
►FOULQUES DE NEVERS ou DE VENDÔME, dit L’OISON (v.1013 - 1066)
Comte de Vendôme de 1029/1031 – 1050/1066, à la mort de son frère aîné, qui avait hérité du comté, sa mère en reprit la moitié et confia l’autre à Foulques. Furieux de ne pas en posséder la totalité, il chercha à évincer sa mère, Adèle de Vendôme-Anjou, qui céda sa part à son demi-frère, Geoffroy II Martel. Rapidement, celui-ci fit la conquête de la moitié de Foulques qui ne récupéra le comté qu'en 1056, sur la demande du roi Henri Ier.
Néanmoins, la suzeraineté du comté resta au comte d’Anjou. Puis, dans les années 1060, il passa son temps à faire une guerre d’escarmouches à son voisin, Thibault III de Blois.
Mort à Ferrières-en-Gâtinais, il est l’un des plus anciens personnages connus comme ayant été inhumés dans la collégiale. Sa sépulture se présentait sous la forme d’une grande pierre tombale dans la laquelle était sculptée en creux son image, avec la tête et les mains en marbre blanc incrusté. Epitaphe entièrement effacée.
 

►GEOFFROY III DE VENDÔME, dit Grisegonel (le) († 1145)
Petit-fils de Foulques l'Oison, comte de Vendôme de 1102 à sa mort, il prit part à la guerre de Louis VI le Gros contre les Anglais en Normandie.  Ayant réussi à épargner la profanation aux reliques de sainte Opportune et de saint Chrodegand lors du pillage de l'abbaye d'Almenesches près d'Alençon, il obtint le droit de les rapporter à la collégiale Saint-Georges. Parti combattre en Palestine (1137) en laissant la responsabilité du comté à son fils, Jean Ier, il mourut à son retour dans le couvent de Saint-Gilles en Languedoc. Seuls Saint-Venant et l’abbé Simon l’indiquent comme ayant inhumé dans la collégiale.
 

►JEAN Ier DE VENDÔME (1110-1180/1182)
Fils de Geoffroy III, comte de Vendôme de 1145 à sa mort,  il assura le gouvernement du comté dès le départ de son père en croisade (1137)
Depuis Foulques l'Oison, le comté de Vendôme avait pour suzerain le comte d’Anjou. C’est ainsi, que lorsque Geoffroy V d’Anjou épousa Mathilde l’Emperesse, fille du roi d’Angleterre,  Henry  Ier Beauclerc, le comté d’Anjou passa dans l’escarcelle de leur fils, Henry II Plantagenêt, roi d’Angleterre avec pour conséquence l’obligation des comtes de Vendôme de combattre avec les Anglais contre les Français. Ce que fit Jean Ier qui guerroya contre Louis VII le Jeune.
Il fut aussi mêlé au conflit qui opposa Henry à ses fils, Henry le Jeune, Richard Cœur de Lion , Jean sans Terre et Geoffroy. Tandis que Jean soutenait Henry II, son fils, Bouchard, soutenait les princes et occupa de force le château de son père avant de se soumettre comme le firent les princes à Henry II.
Depuis sa fondation (1033) la prospère abbaye de la Trinité de Vendôme était fréquemment en conflit avec les comtes de Vendôme à propos de leurs droits respectifs. Cette opposition  atteignit son paroxysme  en 1176.  Jean Ier chassa les moines qui se réfugièrent à Angers. Excommunié pour cet acte,  il partit combattre en Terre Sainte et mourut à son retour à La Charité-sur-Loire où il fut reçu moine ad succurendum, c’est à dire reçu comme moine à l’article de la mort, pratique relativement  peu fréquente.
Son tombeau supposé en pierre était placé sous une arcade en plein cintre dans le chœur. Pourquoi supposé ? Simplement parce qu’aucun signe distinctif, ni inscription ne fut trouvés pour une indentification certaine. Le gisant représentait un personnage les mains jointes et la tête soutenue par deux anges.  A ses pieds, un lion. Vêtu d’une robe et d’un surplis avec capuchon l’ensemble rappelait un religieux, tout comme les statuettes ornant les six niches du soubassement représentant des moines encapuchonnés. Mais, reçu bénédictin ad succurendum, ceci pourrait expliquer la composition du mausolée.
Tombeau de Jean Ier – Coll. Gaignières © MCP
►PIERRE Ier DE VENDÔME, Seigneur de Montoire (v. 1205 – 1249)
Comte de Vendôme à la mort de son père, Jean IV, en 1240, sa biographie peu renseignée indique qu’il mourut à Nicosie (Chypre) durant la septième croisade où il accompagnait saint Louis. Ramené à Vendôme, le gisant de son tombeau en pierre de liais le représentait la tête appuyée sur un coussin, les mains jointes, vêtu de son armure, les pieds éperonnés et l’écu retenu au bras gauche, un lion couché à ses pieds. Une voûte tréflée, nervurée et richement ornée, avec des anges soutenant des écussons, coiffait ce magnifique mausolée dont le soubassement s’ornait de statuettes d’apôtres qui furent mutilées par les protestants, probablement en 1562. Après celui de François de Bourbon, il passait pour être le plus beau monument de la collégiale. Un fragment en est conservé au musée de Vendôme.
Coll. Gaignières © MCP
►BOUCHARD V († 1271)
Comte de Vendôme à la mort de son père, Pierre Ier, en 1249, après avoir participé activement aux expéditions de son suzerain Charles Ier, roi de Naples et comte d'Anjou, en Hainaut, Italie et Sicile, il accompagna saint Louis lors de la huitième croisade et mourut à Tunis de la peste.
Sur sa tombe, une dalle de marbre noir légèrement surélevée, la tête, les mains et les pieds de son gisant étaient incrustés de marbre blanc. Son épitaphe, gravée sur plusieurs plaques de cuivre entourant le tombeau, fut détruite par les protestants en 1562.
 

►BOUCHARD VI († 1353/1354)
Petit-fils de Bouchard V, comte de Vendôme en 1315, il passa un traité avec Guy I de Chatillon, Comte de Blois, pour redéfinir la frontière entre les deux comtés. Les enclaves réciproques furent réduites et du coté de Blois les limites devinrent quasiment celles de l'arrondissement actuel. Ce traité fut définitivement ratifié avec l'approbation royale en 1347.
Sur la plaque en cuivre couvrant sa tombe, il était représenté en chevalier, vêtu d’une d’un haubert jusqu’à la pointe des pieds et recouvert d’un pourpoint, les mains jointes, sous un dais richement sculpté dont le sommet était composé de nombreuses niches ornées de statuettes de saints. A ses pieds, un lion. Sur le pourtour on pouvait lire une épitaphe avec des erreurs de dates, ce qui n’a rien d’exceptionnel : le jour du décès est faux, puisqu’il signa une charte en avril ; quant à l’année, le doute persiste.
« Icy gist Monseigneur Bouchard, seigneur de Vendosme, seigneur de Castres, filz du comte Jean de Vendosme, et de la comtesse Aliénor de noble lignage de Montfort qui trespassa l’an de grâce mil trois cens cinquante-trois, le vint-cinq febvrier. Si veillez pour leurs âmes ».
Coll. Gaignières © MCP
►JACQUES Ier DE BOURBON, COMTE DE LA MARCHE (1319 - 1362)
Arrière-petit-fils de saint Louis par son père, Louis Ier de Bourbon, homme de guerre et connétable de France, il combattit, en 1341 et 1342, pour le compte de Charles de Blois contre Jean de Montfort qui luttaient pour la succession de Bretagne. En 1351, le roi Jean II le Bon lui donna le Ponthieu.
Blessé une première fois à la bataille de Crécy (1346) et de nouveau lors de la bataille de Poitiers (1356) où il fut fait prisonnier, il perdit le Ponthieu, dont il était comte, rendu aux Anglais lors de la paix de Brétigny (1360).Il continua à combattre pour débarrasser le royaume des bandes de routiers,  mercenaires démobilisés qui  pillaient les campagnes.
Un engagement eut lieu à Brignais, près de Lyon, où il fut mortellement blessé avec son fils aîné, Pierre (1342 – 1362).
Il fut d’abord inhumé en l’église des Dominicains de Notre-Dame de Confort à Lyon, avec Pierre. Sur leur sépulture on pouvait lire l’épitaphe suivante :
« Cy gist messire Jacques de Bourbon, comte de la Marche, qui mourut à Lyon de la bataille de Brignais qui fut l’an 1362, le mercredy devant les Rampos (Rameaux). Item cy gist messire Pierre de Bourbon, comte de la Marche, son fils, qui mourut à Lyon de cette même bataille l’an dessus dit »
Comme le prouve le compte du receveur de Lyon, Jean Tibout, publié par Georges Guigue dans les Tard-venus en Lyonnais [...], (1886), son corps et celui de Pierre furent transférés en la collégiale le 4 juin 1395, bien qu’aucun élément à Vendôme ne confirme sa présence.
Sa femme, Jeanne de Châtillon- Saint-Pol (1320-1371) aurait aussi reposé à Saint-Georges.
 

►BOUCHARD VII († novembre 1371) - ISABELLE DE BOURBON (1340/1350- 1371) et leur fille Jeanne de Vendôme (1371-1372)
Petit-fils de Bouchard VI, comte de Vendôme de 1365 à sa mort, Bouchard VII passa la majeure partie de son temps à guerroyer contre les Anglais en Rouergue sous les ordres Louis Ier, duc d’Anjou.  Il remporta sur eux la victoire de Roquecésiaire (Laval-Roquecézière en Aveyron) (1369) qui fut par la suite de nouveau réuni à la couronne? puis donné en fief au comte de Vendôme. Il fit également reconstruire les fortifications de Vendôme.
Il avait épousé Isabelle de Bourbon (1368), veuve de Louis II de Brienne, vicomte de Beaumont. Elle mourut à Pouancé (Maine-et-Loire) peut-être en couches ou peu après avoir donné naissance à Jeanne qui, orpheline, ne survécut guère à ses parents.
Par testament, Bouchard avait demandé à ce que le corps de son épouse, inhumé en l’église de Pouancé, soit ramené à Vendôme.
 
A défaut d’une illustration, la description de la tombe familiale nous est parvenue. Elle était couverte d’une grande plaque de cuivre sur laquelle tous trois étaient représentés. Bouchard portait une armure recouverte d’un justaucorps armorié du lion des Vendôme. Il était coiffé d’une casquette échancrée au milieu du front et les pieds garnis de longs éperons.
Isabelle n’était pas moins curieuse.  Elle portait un immense chapeau monté sur une carcasse de fils tressés, ainsi qu’une robe longue en damas broché et flottant. On remarquait aussi les armes de Vendôme et celles de Bourbon la Marche.
Entre les deux figures du couple et à leurs pieds, se trouvait celle de leur fille.  Les douze apôtres étaient gravés autour des personnages.
On pouvait lire trois épitaphes s’attachant davantage à souligner la grandeur des liens filiaux que les vertus et/ou faits actés des défunts.  Elles se terminaient toutes par l’année de décès 1400 qui, en réalité, correspondrait à l’année où les trois corps furent réunis dans le même tombeau.
 
Epitaphe de Bouchard VII :
« Cy gist noble et puissant seigneur, Monseigneur Bouchard, jadis comte de Vendosme et de Castres, lequel fut filz de bonne et saincte mémoire, Monseigneur Jehan, jadis comte des dicts comtez et de Madame Jehanne de Ponthieu, lequel Monseigneur Jehan fut filz du comte Bouchard qui ci-après gist et de Madame Alix de Bretagne et ladite Madame Jehanne de Ponthieu fut fille de Monsieur Jehan de Ponthieu, comte d’Aumale et de Madame Catherine d’Artois, lequel trespassa l’an de grâce MCCCC ».
 
Epitaphe d'Isabelle de Bourbon
« Cy gist Madame Isabeau de Bourbon, comtesse de Vendosme et de Castres, vicomtesse de Beaumont qui fust fille de tres haut et tres puissant prince Monseigneur Jacques de Bourbon, comte de Ponthieu et de la Marche, connestable de France et de Madame Jehanne de Sainct-Paul, comtesse desdicts comtez, lequel Monsieur Jacques fust filz de tres hault et trs puissant prince Mgr Louis Ier, duc de Bourbon, neveu de St-Louis en droite ligne et de Madame Marie, fille du comte de Haynault, duchesse de Bourbon, laquelle trespassa l’an MCCCC et un jour ».
 
Epitaphe de Jeanne de Vendôme
« Cy gist Jehanne de Vendosme, comtesse  de Vendosme et Castres qui fut fille dudict comte Mgr Bouchard et de la susdicte Me Isabeau de Bourbon qui trespassa l’an de grâce MCCC et qui […] »
►JEAN Ier DE BOURBON LA MARCHE (1344 - 1393) et CATHERINE DE VENDÔME (v. 1345 – 1411)
Fils de Jacques Ier, comte de la Marche, comme son père, il combattit à la bataille de Poitiers où il fut fait prisonnier. Libéré, il accompagna, en 1366, Bertrand Du Guesclin en Castille pour soutenir Henri de Trastamare face au roi Pierre le Cruel. À partir de 1372, il administra les comtés de Vendôme et de Castres, conjointement avec sa femme qui en était l'héritière.
Son mariage avec Catherine de Vendôme, sœur de Bouchard VII, donna naissance à la maison de Bourbon-Vendôme. Il devint comte de Vendôme à la mort de son beau-frère.
Il  fut inhumé dans la chapelle Saint-Jean où le rejoignit son épouse.
Sur un monument commun, deux gisants en marbre blanc représentaient les défunts mains jointes et abrités sous un dais, leur tête reposant sur un coussin. Catherine portait la couronne comtale.
Le musée de Vendôme possède d’importants restes de ce tombeau : un buste de Jean de Bourbon et une statue complète de Catherine. Malheureusement je n’ai pu le visiter et n’ai pas trouvé d’illustration sur le Net.
Coll. Gaignières © MCP
Deux épitaphes « généalogiques » ornaient le soubassement en marbre noir :
 
Epitaphe de Jean de Bourbon
« Cy gist tres hault et tres puissant Mgr (messire) Jehan de Bourbon jadis filz de très hault seigneur Mgr (messire) Jacques de Bourbon et de Madame Jeanne de Sainct-Paul sa femme, lequel seigneur fut jadis comte de Ponthieu et de la Marche et connestable de France et filz de tres hault prince Monseigneur Louis duc de Bourbon filz de feu Monseigneur Sainct-Louis defunct. Son espouse Madame Marie fille du comte de Haynault, lequel messire Jehan eust epouze Madame Catherine de Vendosme et de Castres et fut comte de la Marche, de Vendosme et de Castres, seigneur de Leuze, de Carency, de l’Écluze, de Montaigu, Combresle, de Lezignen en Narbonnais, d’Épernon, de Brehancourt, du Teil, de Quillebœuf, de Cailly et eurent plusieurs enfants les dicts seigneur et dame, lequel trepassa l’an de grâce mil trois cent quatre-vingt-treize, le onze juin »
 
Epitaphe de Catherine de Vendôme
« Cy gist tres haulte princesse Madame Catherine de Vendosme qui fust fille de Mgr Jehan de Vendosme et de Castres et de Jehanne de Ponthieu, lequel Jehan fut filz du comte Bouchard lequel fut filz du comte Jehan de Vendosme et de Madame Aliénor fille du bon comte de Montfort lequel Bouchard espouza Madame Alix fille du grand duc d Bretaigne et a la royne d’Ecosse et Madame Jehanne de Ponthieu de ce nom fille du comte d’Aumale et de Madame Catherine fille du comte d’Artois, laquelle fust espouse de Monsieur Jehan de Bourbon comte de la Marche et de son hériatge fust comtesse de Vnedosme, de Castres, de Lesignen en Narbonnais, d’Espernon, du Teil, Brehencourt, Romalait Clacy, Cailly, Quillebœuf, qui trespassa le vendredy le premier avril mil quantre cens onze »
Coll. Gaignières - BnF/Gallica © MCP
►LOUIS DE BOURBON  - BLANCHE DE ROUCY  et JEANNE DE LAVAL
 

►JEAN II ou VIII DE BOURBON-VENDÔME (1428 -1477) et ISABELLE DE BEAUVAU (1436-1474)
Fils de Louis de Bourbon et de  Jeanne de Laval, comte de Vendôme à la mort de son père (1446), fidèle de Charles VII, il fit ses premières armes avec le comte de Dunois en combattant les Anglais en Normandie et en Guyenne. En 1458, il accueillit le roi venu à Vendôme pour le procès en haute trahison de Jean Ier comte d'Alençon.
À la mort de Charles VII, il se rallia à Louis XI et combattit pour lui à la bataille de Montlhéry (1465). Mais la méfiance de ce dernier envers les anciens conseillers de son père poussa le comte à se retirer dans sa ville de  Vendôme pour laquelle il fit beaucoup.
Il avait épousé Isabelle de Beauvau, inhumée avec lui,  qui  lui donna huit enfants dont son successeur, François.
Son épitaphe, inscrite sur un parchemin, indiquait François comme son fils unique alors qu’en réalité, il en eut un second, Louis, prince de La Roche-sur-Yon (1473-1520).
« Cy gist hault et tres puissant prince Monseigneur Jehan de Bourbon, jadis comte de Vendosme et filz unique de tres pieux et tres vaillant Monseigneur Louis de Bourbon, comte de Vendosme et souverain maistre de France et tres sage, tres vertueuse et tres noble Madame Jehanne de la Val son espouze, lequel Monseigneur Jehan dedeca en son chasteau de Lavardin près Vnedosme le sixisme de janvier l’an de grâce mil quatre cens soixante et dix-sept.
En le mesme sépulcre gist et repose tres sage et tres vertueuse princesse Madame Isabelle de Beauveau, femme dudict seigneur […]
Les armes respectives du couple étaient peintes sur le drap mortuaire qui recouvrait leur tombeau.
►FRANÇOIS DE BOURBON (1470 – 1495) et MARIE DE LUXEMBOURG (v. 1472 – 1546)
Fils de Jean II ou VIII, âgé de sept ans à la mort de son père, il fut placé sous la tutelle de son beau-frère Louis de Joyeuse.
En 1484, le roi Charles VIII, par ordonnance royale, fit directement dépendre Vendôme de la Couronne, le soustrayant de la vassalité de l'Anjou, qui venait d'ailleurs d'être réuni à la Couronne. François de Bourbon accompagna le roi dans les guerres d'Italie et, par sa valeur et sa prudence, contribua à la victoire de Fornoue (1495), mais le comte mourut peu après à Vercelli en Italie à l'âge de vingt-cinq ans.
Une femme d’exception bien oubliée
Il laissait une veuve, Marie de Luxembourg, fille de Pierre II de Luxembourg et de Marguerite de Savoie qui par la force des évènements et sa longévité, devint plus importante que feu son époux. En premières noces, elle avait convolé avec son oncle, Jacques de Savoie (1450-1486) qui la fit veuve une première fois.
Largement titrée, elle apporta une dot importante au jeune François qu’elle épousa en 1487. Le couple eut cinq enfants dont elle prit la tutelle. Jusqu’à la fin de sa vie, elle eut à cœur de s’occuper de Vendôme et plus particulièrement de la ville et de la collégiale.
Femme active et cultivée, modeste, en bons termes avec les cours de France et de Bruxelles, bénéficiant d’immenses ressources qu’elle utilisa avec intelligence, elle était capable de faire de longues chevauchées et ces voyages lui permettaient de régler elle-même ses nombreuses affaires.
Elle présida à la reconstruction de divers établissements religieux, dont la façade occidentale de l’abbaye de la Trinité en gothique flamboyant, et offrit aux bourgeois de la ville la restauration de leur maison commune. Très intéressée par le développement de la cité, elle y introduisit une fabrique d’aiguilles.
Elle fit restaurer et embellir la collégiale, lui offrant de riches ornements, mit de l’ordre dans le chapitre, etc. Jusqu’à la fin de sa vie, femme de pouvoir, elle régit le comté de Vendôme qu’elle possédait en usufruit. Elle mena aussi une activité politique en soutenant les Valois et en encourageant ses enfants au service des rois.
« Mère des Pauvres » mais aussi « Mère des rois », elle était l'arrière-grand-mère d'Henri IV ; d'Henri duc de Guise le Balafré ; de Marie Stuart, reine d'Écosse, d'Henri Ier prince de Condé et de son frère Charles comte de Soissons ;  d'Henri Ier duc de Longueville ; d'Henriette de Nevers, etc. Ainsi, par sa descendance fut-elle une véritable grand-mère de l'Europe
 
Cette mécène, à la fois illustre et inconnue, mourut cinquante-et-un ans après François pour lequel elle avait fait ériger un somptueux tombeau de loin le plus remarquable de la collégiale, sous lequel elle fut inhumée après sa mort en son château de la Fère en Picardie. Sous un portique richement sculpté et au fronton armorié, le couple était représenté  à genoux devant un prie-Dieu orné des armes de Vendôme et des Bourbon. François de Vendôme était  vêtu d'un long manteau doublé d'hermine avec le collier de Saint-Michel. Marie de Luxembourg portait  la couronne comtale. A leurs côtés un ange tenait leurs écussons respectifs qu’on retrouvait sur le sur le prie-Dieu. Au premier plan se trouvait un chien, emblème de fidélité. Le bas-relief du soubassement symbolisait  les quatre vertus cardinales.
Une partie du tombeau a été reconstituée au musée de Vendôme à partir des fragments retrouvés.
 
Deux épitaphes ornaient le mausolée :
« Cy gist tres hault et tres magnanime seigneur Monseigneur François de Bourbon, comte de Vendosme, filz unique et seul héritier* du tres puissant Monseigneur Jehan de Bourbon, comte de Vendosme et de tres vertueuse dame Madame Isabelle de Beauvau son espouze lequel Monseigneur François deceda à Verceil le trois octobre 1495 »
*Ceci est une erreur des chanoines car il avait un frère Louis (1473-1520), prince de la Roche-sur-Yon.
 
« En le même lieu gist en sepulture tres sage te tres vertueuse princesse Marie de Luxembourg comtesse de Sainct-Paul et de Marles, femme espouze dudict comte François de Bourbon ;, laquelle trespassa en son chasteau de la Fère en Picardie, le premier avril 1546 »
Très affligé, Charles VIII lui fit organiser de grandioses funérailles rarement égalées, comme s’il eût été son propre frère. Puis sa dépouille embaumée fut convoyée par tous les gens de sa maison, et autres grands seigneurs, qui passèrent les Alpes et arrivèrent à Moulins où Pierre de Beaujeu et Anne de France, firent faire, à nouveau, un somptueux et grand service. Pour faciliter le transport depuis le Bourbonnais jusqu’à Vendôme, le transport se fit en bateau. Arrivé le 1er novembre, il fut inhumé le lendemain dans la chapelle Notre-Dame de la nécropole familiale après encore tout un cérémonial .
Coll. Gaignières - BnF/Gallica
►CHARLES IV DE BOURBON (1489-1537) et FRANÇOISE d’ALENÇON (1491 - 1550)
Fils de François de Bourbon, n'ayant reçu que la nue-propriété des biens de son père et sa mère, Marie de Luxembourg, l'usufruit, c'est celle-ci, qui de plus lui survécut, qui gouverna le comté de Vendôme
Charles fit ses premières armes en Italie au service de Louis XII qui érigea le comté en duché-pairie en 1514. Il combattit à la bataille de Marignan à la tête de 70 lances, puis participa à la campagne de Flandre. Fidèle de François Ier, il fut nommé chef du Conseil lorsque celui-ci fut fait prisonnier à la bataille de Pavie (1525).
Quatrième dans l'ordre de succession au trône, derrière les fils du roi, à la suite de décès successifs de cousins, l'avènement de la Maison capétienne de Bourbon se préparait. Il mourut en Picardie, à Amiens, dont il était gouverneur.
Veuve en premières noces de François II, duc de Longueville (1478-1512), Françoise d’Alençon était la sœur et l’héritière de Charles IV d'Alençon, héritage dont elle fut spoliée par sa belle-sœur, Marguerite d’Angoulême, elle-même sœur de François Ier. Son fils, Antoine de Bourbon, épousa Jeanne d'Albret, reine de Navarre. Elle était donc la grand-mère d'Henri IV.
Leur tombeau commun renfermait aussi le corps de leur fils aîné, Louis de Bourbon, comte de Marles, (1514 -1516) mort à un peu moins de deux ans.
Sur un tableau en bois recouvert de parchemin se lisait son épitaphe :
« Icy dessoubs repose en sepulture tres hault et tres puissant et tres magnanime prince Monseigneur Charles de Bourbon, premier duc de Vendosme, gouverneur et lieutenant general pour le roy en son pays de Picardie, filz de Monseigneur François de Bourbon, dernier comte de Vendosme, et de Marie de Luxembourg, comtesse de Sainct-Paul et de Marles son espouze et deceda ledict seigneur à Amiens le vingt-quatre mars mil cinq cens trente six* […] »
* en fait 1537.
Suivait l'épitaphe de Françoise d'Alençon.
►FRANÇOIS DE BOURBON, duc d’Enghien (1519 -1545)
Second fils de Charles IV de Bourbon,et donc frère d’Antoine de Bourbon et oncle d’Henri IV, il fut enfant d'honneur et compagnon des fils de François Ier. Après avoir participé à la campagne de Luxembourg (1542) et reçu le commandement de l'armée du Piémont, le roi le fit chevalier de l’Ordre de Saint-Michel et général des galères de France. Vainqueur de la bataille de Cérisoles (avril 1544), opposant les Français, qu’il commandait, aux troupes de Charles Quint, François Ier le nomma gouverneur de Hainaut, du Piémont et du Languedoc pour le récompenser.
De retour en France, célébré et fêté, il devait finalement mourir peu après, et prématurément, d’une curieuse façon.
En février 1545, la cour se trouvait au château de La Roche-Guyon. Enghien et d’autres princes guerroyaient violemment à coups de boules de neige quand un coffre fut malencontreusement, ou intentionnellement, jeté par une fenêtre et atteignit François de Bourbon. Mortellement blessé, il succomba trois jours plus tard. Cette mort violente fut enveloppée de circonstances aussi mystérieuses que suspectes. On ignora, ou on voulut ignorer, d'où le coup était parti ; on soupçonna d'abord un seigneur italien qui avait eu quelques démêlés assez vifs avec le prince. Mais surtout, il se dit que le roi ne voulut pas faire rechercher le responsable de peur de découvrir l’implication du jeune comte d’Aumale, François de Guise, voire du Dauphin, futur Henri II, qui pouvaient jalouser la gloire du comte d'Enghien. Quoi qu'il en soit, il est sûr que François Ier empêcha les poursuites qu'on aurait dû faire pour trouver le coupable.
 
Transporté à Vendôme et inhumé en la chapelle Saint-Pierre, son tombeau se présentait sous forme d’une pyramide sur laquelle était apposé un médaillon avec le portrait du défunt.
Sur une table de bois recouverte d’un parchemin, en bas du monument, se lisait l’épitaphe suivante :
« Cy gist tres hault et tres puissant pronce Monseigneur François de Bourbon, duc d’Angain, lieutenant general pour le roi en Hainault, Piedmont, filz de tres hault et puisssant seigneur Charles de Bourbon et de Françoise d’Alençon son espouze et duchesse de Vendosme, lequel Monseigneur de Bourbon trespassa au chasteau de la Roche-Guyon sur seine le vingt-trois de febvrier l’an de grâce mil cinq cens quarante-cinq ».
 

►ANTOINE DE BOURBON (père d’Henri IV) et Henri, duc de Beaumont, son fils aîné
 

►JEANNE D’ALBRET (mère d’Henri IV)
 

►CATHERINE DE BOURBON
 

►CÉSAR DE BOURBON, duc de Vendôme  
►LOUIS II DE BOURBON, cardinal de Vendôme (1612 – 1669)
Fils aîné de César de Vendôme, duc de Mercœur du vivant de ses parents, puis duc de Vendôme à la mort de son père, il mena une carrière militaire qui le conduisit en Hollande et en Catalogne. Nommé gouverneur d’Aix-en-Provence par Louis XIII (1640), au décès de sa femme, Laure Mancini (1636-1657), nièce du cardinal Mazarin, il tomba amoureux de Lucrèce de Forbin-Soliés, surnommée la « Belle du Canet », qu’il souhaita épouser.
Contraint de renoncer à ce mariage sous la pression de la cour,   il entra dans les ordres mineurs mais, dit-on, sans pour autant abandonner sa maîtresse qu’il faisait venir, sous un déguisement, dans le pavillon Vendôme qu’il avait fait construire à l’extérieur d’Aix.
Cardinal de Vendôme (1667), puis légat a latere de France, il mourut à Aix. Son corps fut porté jusqu’à la collégiale et inhumé devant le grand autel.
Aucune description de sa sépulture ne semble avoir été rapportée et/ou conservée. A la suite de l’épitaphe de son père, se lisait la sienne (sic):
« Aussi gist en mesme lieu le corps de tres puissant et eminentissime prince Monseigneur Louis, cardinal duc de Vendosme, de Mercœur, de Beaufort, de Penthièvre, et d’Estampes, prince d’Anet et de Martigues, pair de Francegouverneur et lieutenant general pour le roy de France, lequel deceda à Aix, le sixiesme jour du mois d’aoust 1669 »
 
Supposé être le dernier connu de toutes les lignées confondues à avoir été inhumé en la collégiale Saint-Georges de Vendôme, c’est donc par lui que ce termine cet article.
 
Louis Ier de Bourbon, 1er prince de Condé (1530-1569), oncle paternel d’Henri IV assassiné lors de la bataille de Jarnac, reposa à Vendôme avant son transfert à Vallery (Yonne)
 






Sources principales :
Tous mes remerciements à la cellule Architecture et patrimoine de ville de Vendôme qui, outre m’avoir fourni des photos, m’a permis de mieux comprendre la réalité du terrain de fouilles auquel je n'avais pu accéder.
 
-Le château de Vendôme par Jean-Claude Pasquier – Ed. du Cherche-Lune (2ème édition : 2012)
Probablement l’ouvrage le plus complet reprenant  les références les plus fiables sur le château, la collégiale, les personnages, etc., complétées par de nouvelles découvertes et/ou connaissances dues aux recherches minutieuses de l’auteur.
-Le Petit vendômois du 13 fevrier 2017 par Jean-Claude Pasquier : https://www.lepetitvendomois.fr/arts-culture/histoires-locales/les-funerailles-de-francois-de-bourbon/
-L'ancien couvent des dominicains de Lyon. I, Description, plan, vues diverses  par le R. P. Michel Cormier,...Editeur E. Vitte (1898-1900)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67042t/f152.item.zoom   page 49
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