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BONAPARTE Jérôme (1784 – 24 juin 1860)
Eglise du Dôme des Invalides (Paris)
17 avril 2013
Le benjamin des Bonaparte vint au monde l’année précédent la mort de son père Charles qui ne put s’occuper de son éducation. Subissant les contrecoups des tribulations de la famille à la Révolution, Jérôme se montra de surcroît un piètre élève lorsqu’il fréquenta l’école.
 
Installé aux Tuileries auprès de son frère Napoléon, après le 18-Brumaire, ce dernier lui fit intégrer la marine en 1800.
Après avoir fait ses premières armes auprès de son beau-frère, Leclerc, à Saint-Domingue, il se rendit aux Etats-Unis où il épousa (1803) Elisabeth Patterson, fille d’un riche négociant.
Fureur de Napoléon qui avait d’autres projets. Mineur au moment de son mariage, la mort dans l’âme et malgré sa résistance, Jérôme dut reconnaître la nullité de son mariage.
 
Promu contre-amiral de pacotille, il quitta la mer pour prendre le commandement d’un corps d'armée de Bavarois et de Wurtembourgeois, à la tête duquel il enlève la Silésie au roi de Prusse.
Cette même année 1807, il épousa la princesse Catherine de Wurtemberg et se retrouva catapulté souverain de Westphalie, royaume fabriqué de pièces et de morceaux mais qui servait de marche à la France sur la rive droite du Rhin.
 
Fier de la position de son frère et de la sienne, toute à la fougue de sa jeunesse, de loin son plus gros défaut, Jérôme manquait cruellement de discernement dans le choix de ses amis.  Dépensier et frivole, il multiplia les maîtresses. La reine qu'on appelait « la dinde de Westphalie », fermait les yeux car elle adorait son mari qu'elle surnommait Fifi...
Pire, Fifi se révéla un chef de guerre incapable. Il n'était pas sot, mais détestait faire la guerre. Si le courage ne lui faisait toujours défaut, il était incompétent en la matière. En 1809, l’Empereur avec son sens délicat de la formule lui écrivait : « […] Vous vous sauvez honteusement et vous déshonorer mes armes et votre jeune réputation
Malgré tout, lors de la campagne de Russie, Napoléon eut la faiblesse de lui confier l’aile droite de son armée. Et Fifi de se distinguer une fois de plus par son incapacité. Outré, l’Empereur le subordonna à Davout qui le détestait.  Vexé, Jérôme rentra bouder à Cassel, capitale de son royaume, en abandonnant son poste sans prévenir…
 

Les désastres de 1812 et de 1813 le forcèrent  à quitter son royaume.
En 1814, à l’abdication de Napoléon, il s’enfuit de France pour Trieste où il resta sous la surveillance des Autrichiens.
 
Durant les Cents-Jours, il se sauva pour rejoindre son aîné. A Waterloo, ses initiatives furent comme toujours désastreuses. Pour une fois qu’il se battait avec un réel courage !
Après la seconde abdication de son frère, Jérôme quitta secrètement Paris et finit par rejoindre sa femme chez son beau-père à Göppingen. Mais se lassant très vite de sa cage dorée, il erra de château en château en Autriche, accumulant les dettes dues à son train de vie princier. Il finit par rejoindre Madame Mère à Florence.
 
En 1847, il obtint de la monarchie de juillet son retour en France. A la prise de pouvoir de son neveu, Louis Napoléon,  il fut nommé président du Sénat, gouverneur général des Invalides, et reçut le bâton de maréchal en 1850 ! Et les soldats de mérite de s’étrangler dans leur tombe !
 
Installé au Palais-Royal, malgré son  âge, Jérôme continuait à fréquenter le seul champ de bataille où il excellait : le lit.
Veuf depuis 1835, il avait convolé en 1841, avec Justine Batholini, une riche aristocrate de Florence qui, lassée de son mari volage, le quitta.
 
Vieux monsieur aimable et fêté comme le frère de l’Empereur et l’oncle de Napoléon III,  Jérôme mourut dans sa propriété de Vilgénis (Essonne). Il  avait la chance d'être le seul de la fratrie  à mourir en France et de plus sous le règne de son neveu. Ainsi bénéficia-t-il de funérailles solennelles et, de suite, d’une sépulture prestigieuse.
 
Après les cérémonies funèbres, Jérôme Bonaparte fut inhumé le 3 juillet 1860  en l'église du Dôme des Invalides où son tombeau se trouve dans la chapelle Saint-Jérôme aménagée Alfred-Nicolas Normand en 1861/1862.
Dans le caveau de la chapelle furent également  inhumés  :
-  Le coeur de Catherine de Wurtemberg
-  Son fils, Jérôme Napoléon Bonaparte, prince de Montfort (1814 – 1847)
Jérôme Bonaparte sur son lit de mort.
Journal Universel, Paris, 1860
Service funèbre de Jérôme Bonaparte aux invalides.
Journal Universel, Paris, 1860
Journal Universel, Paris, 1860
MCP
Jérôme Napoléon Bonaparte, prince de Montfort (1814 – 1847)
A ne pas confondre avec son demi-frère né du premier mariage de son père avec Elisabeth Patterson
Fils aîné de Jérôme-Napoléon, son grand-père maternel ayant accordé à son père la qualité de
« prince de Montfort » en 1816, Jérôme Napoléon Charles est également connu sous ce titre de courtoisie.
Vivant en exil à la cour de son oncle maternel Guilaume Ier de Wurtemberg, il intégra l'armée wurtembergeoise, au sein de laquelle il devint capitaine en 1834, major en 1840, puis colonel du 8e régiment de ligne.
Selon l’écrivain Charles-Victor Prévost d'Arlincourt : « Le prince Jérôme de Montfort, doué d'un beau visage et d'une physionomie gracieuse, est Français d'esprit et de cœur. Il ne parle et ne rêve que de la France. Il dit toujours nous en parlant des fils de la grande nation. Sa position à Stuttgart est brillante ; et pourtant il lui semble que la plus modeste habitation en France lui serait préférable au plus beau palais à l'étranger. Je lui parlai du passé de Napoléon ; il m'écoutait avec transport. Je lui parlai de l'avenir du duc de Bordeaux ; il m'écoutait avec intérêt. « — Gloire à jamais, me dit le prince, à qui rendra heureuse la France ! » C'était là aussi ma pensée. »
De santé fragile depuis l'enfance, le prince de Montfort souhaitait en 1845 prendre les eaux à Vernet-les-Bains, mais le gouvernement de Louis-Philippe lui refusa l'entrée sur le territoire français. Il mourut à Florence sans descendance.
Elizabeth Patterson (1785-1879)
Cimetière Green Mount de Baltimore, Maryland (Etats-Unis)
Première épouse de Jérôme Bonaparte.
Fille d'un riche homme d'affaires, elle rencontra Jérôme Bonaparte alors que, commandant une frégate française, il relâchait avec son navire dans le port de New York. Après l(annulation de leur mariage Betsy retourna à Baltimore avec son fils, Jérôme Napoléon Bonaparte (1805 – 1870) Après la bataille de Waterloo, elle retourna en Europe où elle fut bien accueillie dans la haute société, admirée pour sa beauté et son esprit. Elle passa ses dernières années à Baltimore dans la gestion de sa propriété où elle mourut.
Ainsi les Bonaparte ont-ils une descendance officielle aux Etats-Unis dont certains membres se distinguèrent : Charles Joseph Bonaparte-Patterson (1851-1920), secrétaire à la Marine puis procureur général des États-Unis dans le cabinet du président Théodore Roosevelt et Jérôme Napoléon Bonaparte II (1830 - 1893), officier dans l'US Army puis dans l'armée française sous Napoléon III. Tous deux étaient les petits-fils d’Elisabeth.
Panoramio par monument city
Panoramio par monument city
Seconde épouse de Jérôme Bonaparte
Napoléon Ier voulant s’attacher les souverains des pays du sud de l’Allemagne et leurs états pour faire tampon entre la France et l’Autriche, ce mariage permettait aussi d’apporter le sang royal qui manquait aux Bonaparte.
Catherine supporta les frasques et les adultères de son mari qu’elle aimait passionnément. Son éducation princière fut un lien pour la jeune impératrice Marie-Louise qui se sentait perdue au milieu de cette assemblée de parvenus qu'était la cour impériale française.
Catherine de Wurtemberg décéda à Lausanne et fut inhumée en la Schlosskirche (église du château) de Ludwigsburg, nécropole des Wurtemberg. En revanche son cœur repose dans le caveau de la chapelle Saint-Jérôme du Dôme des Invalides .
Catherine de Wurtemberg (1783-1835)
Schlosskirche de Ludwigsburg (Allemagne)
Parmi ces cercueils du caveau, celui de Catherine ? http://www.stiftskirche.de/
Justine (Giustina ) Batholini (1811 - 1903)
Troisième épouse de Jérôme Bonaparte
Issue d’une riche famille d’aristocrates de Florence, Justine épousa secrètement  Jérôme religieusement en 1840/1841puis civilement en 1853 à Paris.
Lasse des infidélités de son mari, elle retourna à Florence, sa ville natale, où elle mourut à l’âge vénérable de quatre-vingt-douze ans.  
Le gros problème pour trouver des informations la concernant est qu’elle est connue sous divers noms et avec des orthographes différentes: Bartolini-Baldelli, Bartolini, Baldelli, Pecori-Suarez,  Pecori-Giraldi, etc. Quoiqu’il en soit, il est  fort à parier qu’elle fut inhumée à Florence, mais où ?…
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par Marie-Christine Pénin
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17 septembre 2014
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