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JUNOT Jean-Andoche, duc d’Abrantès (1771 – 29 juillet 1813)
Cimetière ancien de Montbard (Côte-d’Or)
Engagé dans les volontaires de la Côte-d’Or, d’une témérité à la limite de l’inconscience, « Junot la Tempête », comme le surnommait ses camarades, était sergent quand il devint secrétaire de Bonaparte à Toulon, et dont il partagea l’adversité puis la bonne fortune.
Dorénavant son premier aide de camp,  il se distingua à plusieurs reprises en Italie et fut de l’expédition d’Egypte qu’il signa d’un exploit au siège de Saint-Jean d’Acre.
De retour en France, Bonaparte le nomma gouverneur de Paris (1800) puis général de division (1801). Mais, à cause de ses excès, il ne le mit pas sur la liste des maréchaux et l’envoya comme ambassadeur à Lisbonne (1805). Abandonnant ce poste pour être à Austerlitz, Junot fut ensuite disgracié pour avoir pris la défense du banquier Jacques-Rose Récamier dont la femme, la fameuse Juliette Récamier,  tenait un salon réunissant des opposants à l’Empire. Expédié à Parme, pardonné, de nouveau gouverneur de Paris (1806) où son comportement, toujours aussi extravagant et secondé par une épouse, Laure Junot, intrigante maladroite, provoqua la colère de Napoléon et lui valut une nouvelle disgrâce.
 
Exilé à la tête d’une armée en charge de conquérir le Portugal trop favorable aux Anglais, il entra en Espagne puis dans Lisbonne (1807) et fut nommé duc d’Abrantès et gouverneur du pays. Vaincu par les Anglais, il réussit néanmoins à négocier le rapatriement des troupes françaises. Après la campagne contre l’Autriche, il retourna en Espagne, mais cette fois sous les ordres de Masséna, où il fut grièvement blessé à la tête.
 
Blâmé lors de la campagne de Russie pour avoir permis à l’armée russe de faire retraite après la bataille de Smolensk (1812), mais commandant le 8e corps avec compétence à la bataille de la Moskowa, il n’obtint jamais son maréchalat. Sa santé mentale déclinant, il se vit retirer son commandement.  Nommé, malgré tout, gouverneur des Provinces illyriennes (1813), on le vit un soir se présenter  à un bal sans autre vêtement que son grand cordon de la Légion d’honneur.
Ramené de force chez son père à Montbard, dans un accès de délire il se jeta d’une fenêtre et se fractura la jambe qu’il tenta de se couper avec un couteau. Il mourut quelques jours plus tard de complications infectieuses.
 
Andoche Junot fut inhumé dans le cimetière ancien de Montbard où, l’année suivante, sa tombe accueillit son père, Michel Junot (1739-1814). Le monument fut érigé en 1898 par le Souvenir Français avec le concours de la famille et d’une souscription publique.
Il ne repose donc pas au cimetière du Père-Lachaise où il ne possède pas davantage de cénotaphe comme on peut le lire de façon récurrente. Il s’agit d’une confusion avec la modeste sépulture de son frère, Guy Claude Junot, où son nom est simplement évoqué par filiation.
Merci à Bruno Roman pour cette photo et la suivante
►JUNOT Guy Claude (1766-1821)
Cimetière du Père-Lachaise, 24ème division (Paris)
 
Ayant bénéficié d’une bonne instruction, après avoir été prêtre (?), il profita des faveurs dont jouissait son frère cadet et fut nommé payeur à l’armée du Rhin puis d’Egypte, receveur général du Lot-et-Garonne (1801), puis de la Haute-Saône (1802-1815). Membre de la Société d'agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône, bien qu’ayant perdu son emploi, sa charité envers les indigents ne se démentit pas, générosité que soulignèrent ses amis après sa mort et que rappelait son épitaphe « Il Adoucit Les Peines des autres, et n'en fit à personne ». Il mourut à Paris et repose auprès de son oncle, Jacques Junot (1732-1818), chanoine du Chapitre métropolitain de Paris et chevalier de la Légion d’honneur.
►ABRANTÈS Laure Junot, duchesse d’ (1784-1838)
Cimetière de Montmartre, 22ème division (Paris)
Etonnante jeune femme que la demoiselle Permon qui se considérait comme descendante des empereurs byzantins Comnène par sa mère (Panoria Comnène) et prétendait que les Bonaparte en descendaient aussi et étaient donc ses parents, d’où chez elle un certain complexe de supériorité que son mariage avec Junot (1800) ne fit qu’accroître.
Jolie, dotée d’un esprit caustique et extravagante, elle se fit rapidement remarquer dans la vie mondaine parisienne. Suivant son mari au Portugal et en Espagne, dépensière à l’excès, le couple se vit rapidement surcharger de dettes. Malgré sa bienveillance envers lui,  l’Empereur fut souvent indisposé par leur train de vie outrancier. De nature passionnée et sensuelle, « la petite peste »,  comme la surnommait Napoléon,  eut une vie amoureuse agitée.  
Menacée de ruine par l’état mental de Junot qu’elle abandonna, intrigant pour le retour des Bourbons, elle continua à croire qu’elle pouvait jouer un rôle sous la Restauration. Mais perdue de dettes et d’illusions, sans jamais retrouver son rang d’antan, elle survécut néanmoins grâce à sa plume particulièrement prolixe et non dénuée de talent comme ses Mémoires historiques sur Napoléon Ier […] (1831-1835) que le jeune Honoré de Balzac, alors son amant, la poussa à rédiger et dont il fut le correcteur.
Après quelques années de succès, elle cumula les échecs tant sentimentaux que littéraires avec le refus de son libraire-éditeur de publier ses manuscrits.
Dorénavant dans la misère, elle finit ses jours dans une maison de santé au 70 de la rue de Chaillot où faute d’argent, on l’a plaça dans une mansarde.
Pourtant, « Ce que l’âge, la maladie, la misère avait arraché à la femme, la mort le rend à la Duchesse, elle retrouve enfin son rang : tout Paris est là, tout Paris lui rend hommage et l’accompagne à sa dernière demeure au cimetière Montmartre. En tête de cortège, avec les fils, marchent Hugo, Chateaubriand, Dumas suivis par la plupart des notabilités sociales, politiques, littéraires et artistiques. »
Elle devait être inhumée au cimetière du Père-Lachaise mais, au dernier moment, le Conseil de Paris refusa le terrain nécessaire à l’érection du monument. Outré d’une telle mesquinerie, Victor Hugo composa un poème glorifiant la disparue et vilipendant les édiles. Il participa au comité qui se créa pour lui accorder une sépulture décente que finança une « Dame russe » comme le rappelle une inscription, difficilement lisible, au dos du monument : « Erigé à la mémoire de madame la Duchesse d’Abrantès par une Dame Russe le 8 janvier 1841 ». L’identité de la Dame reste un mystère.
La tombe, surmontée d'une plume de feuilles pour l'écrivaine, et d'une couronne ducale pour son titre, est ornée d’un médaillon signé  David d’Angers.
© MCP
© MCP
© MCP
© MCP
Sources principales :
-Histoire et dictionnaire du consulat et de l’Empire –Ed. Robert Laffont (1995)
-Archives de l’Etat-civil de Paris : acte de décès reconstitué de Guy Claude Junot
-Site officiel de la mairie de Bièvres : Bièvres et ses célébrités au 19e siècle
(*) commentaire(s)
26 avril 2018
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au 22 juin 2018
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