RETOUR ALLEMAGNE
STAUFFENBERG Claus Schenk von (1907- 20 juillet 1944)
Cendres dispersées
Quand il arriva en Afrique du Nord en mars 1943 pour aider Rommel, Stauffenberg était un officier d’importance. Lors d’une mission de reconnaissance son véhicule fut mitraillé par un chasseur Allié. Grièvement blessé, il perdit sa main droite, deux doigts à la main gauche et son oeil gauche. Ce handicap ne sera pas sans conséquence par la suite.
 
Après une convalescence de trois mois, Stauffenberg, qui en fervent catholique avait très choqué, entre autres, par la brutalité des SS en Russie pendant l'hiver 1941-1942, prit ses distances avec le régime. Il regroupa autour de lui quelques hommes convaincus comme lui que l’Allemagne courait à sa perte et qu’il fallait agir par un coup d’Etat. Restait à passer outre le serment de fidélité fait au führer qui posait un véritable cas de conscience aux officiers. Que valait-il au regard des circonstances ?
 
Entre la résistance militaire et la résistance civile le nombre de conjurés était important, il est miraculeux que le projet n’ait pas été éventé auprès de la Gestapo !
Mais, pour le réaliser, il fallait approcher Hitler. L'opportunité se présenta lorsque, le 18 juillet, Stauffenberg fut convoqué au QG du führer à la Tanière du loup (Wolfsshanze) près de Rastenburg (auj. Ketrzyn en Pologne). Si cette convocation donnait une occasion à saisir, elle éloignait aussi le chef charismatique du complot  en charge du coup d’Etat à Berlin. Ce qui signifiait pour Claus être dans le même temps à deux endroits distants de 500 kilomètres !
Mais déjà retardé par deux fois à cause de l’absence de Göring et d'Himmler, l’attentat ne pouvait plus attendre. Une fois commis, Stauffenberg contacterait dès qu'il le pourrait les putchistes de Berlin où il rentrerait d’urgence en avion.
Stauffenberg avec Adolf Hitler et Wilhelm Keitel à la Tanière du Loup avant l'attentat.
20 juillet 1944, la Tanière du loup.
Dès son arrivée, Claus von Stauffenberg, accompagné de Werner von Haeften, va cumuler les malchances et les ratés.
Arrivé dans la salle de réunion, Stauffenberg déposa sa serviette contenant l’explosif sous la table de travail, à la portée d'Hitler, sur laquelle s’étalaient les cartes d’état-major, .
 
La grande table de travail comportait plusieurs pieds très épais. Stauffenberg glissa sa serviette d’un geste naturel à ses pieds devant l’endroit où il se trouvait. Quand il quitta la pièce, Brandt un participant, gêné par la serviette, l’a déplaça pour la déposer de l’autre côté du pied de la table dont l’épaisseur allait amortir le souffle de l’explosion, protégeant Hitler.
 
12h 40. Prétextant un coup de téléphone urgent, Stauffenberg et Haeften quittèrent la pièce en ignorant le déplacement de la serviette.
 
12h 42. Une énorme déflagration retentit. Ne doutant pas un instant du succès de l’opération, Stauffenberg et Haeften quittèrent la place en hâte sans s’assurer du sort du Führer.  Il y avait des morts et des blessés (► Rudolf Schmundt), mais Hitler était indemne.
La salle de travail après l'explosion
De leur côté, à Berlin, les conjurés anxieux attendaient prêts à prendre le pouvoir. Enfin le téléphone sonna. Hitler était mort ! La partie coup d’Etat de la conjuration pouvait commencer mais on avait perdu un temps précieux.
Informations et contre-informations ne cessèrent alors de circuler ; l’affolement gagna. Ce qu’ignoraient les conjurés est que tous les moyens de communication avaient été repris par Goebbels laissant la possibilité à Hitler de s’exprimer à la radio. Ce fut la fin. La courageuse entreprise qui aurait pu fonctionner malgré Hitler vivant, venait d’avorter.
Avant de prendre part au coup d’Etat, certains officiers timorés avaient voulu s’assurer de la mort d’Hitler.
Tel fut le cas de Friedrich Fromm, supérieur de Stauffenberg qui, une fois convaincu de la survie du Führer, retourna sa veste. Face à son revirement, les conjurés le firent arrêter. Mais aussitôt le coup d’Etat avorté, il fut libéré et fit arrêter Claus von Stauffenberg, Ludwig Beck, Werner von Haeften, Albrecht von Quirnheim et Friedrich Olbricht, supérieur de Claus qui l’avait encouragé à construire un réseau militaire d’opposition.
 
Fromm, savait que certains de ses subordonnés planifiaient l’assassinat d’Hitler mais avait gardé le silence le faisant ainsi complice du complot. Redoutant sa dénonciation, débarrassé du général Beck, il fit fusiller les quatre autres le soir même dans la cour du Bendlerblock où ils se trouvaient.
Friedrich Fromm
Werner von Haeften
(1908-1944)
Friedrich Olbricht
(1888-1944)
Albrecht von Quirnheim
(1905-1944)
Acte de décès de Claus von Stauffenberg
Aujourd'hui, le bâtiment du Bendlerblock (13-14, rue Stauffenberg) qui sert de bureau secondaire du Ministère fédéral de la Défense, reste un important lieu de mémoire de cette journée et de la résistance allemande. Wikipedia
Bendlerblock: Plaque commémorative rappelant l’exécution de Stauffenberg et de ses comparses. Wikipedia
Cimetière du Alter St.- Matthäus-Kirchhof. Pierre marquant leur lieu d'inhumation d'origine. Wikipedia
Le Bendlerblock: un important lieu de mémoire de la résistance allemande. Wikipedia
(*) commentaire(s)
Les derniers mots de Stauffenberg furent « Longue vie à notre Allemagne sacrée ».
Avec Ludwig Beck, ils furent inhumés dans le cimetière historique du Alter St.-Matthäus-Kirchhof. Peu après, Himmler donna l’ordre d’exhumer les dépouilles de leur sépulture et de les brûler au crématorium de Wedding. Leurs cendres furent dispersées dans un champ d’épandage berlinois.
 
Après la guerre, Stauffenberg devint un héros national. C’est ainsi que la rue Bendler, où se trouve toujours l’ancien Bendlerblock, devint la rue Stauffenberg. On ne compte plus les nombreux hommages posthumes.
 
Au total, à la suite de l'attentat, la Gestapo aurait procédé à 7.000 arrestations et 5.000 personnes auraient payé de leur vie cette tentative de laver l'honneur de l'Allemagne.
 
Quant à Fromm, l'exécution des cinq ne fut pas suffisante pour le dédouaner : d’autres savaient et qui vécurent assez longtemps pour l’accuser et, surtout, il fut considéré comme n’ayant pas été à la hauteur de ses fonctions.
Après avoir bénéficié de la protection de Kaltenbrunner, il fut à son tour arrêté, traduit devant une cour martiale et condamné à la pendaison, peine qu’Hitler commua en peloton d’exécution le 12 mars 1945.
Le complot des généraux, connu sous le nom d’opération Walkyrie et visant à supprimer Hitler, Himmler et Göring, était en marche depuis plusieurs mois. L’organigramme du nouveau gouvernement était prêt. Il fallait passer à l’action.
 
Appartenant à une très ancienne et illustre famille aristocrate de l’Allemagne du Sud, le comte Claus von Stauffenberg choisit la carrière militaire et rentra en 1926 dans la Reichswehr.  
Bien qu’affichant du mépris pour le parti nazi montant, Stauffenberg, sensible à certaines idées d’Hitler finit par le soutenir. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il ne remit pas en cause la politique raciale du parti.
Il se distingua lors de la bataille de France et continua à le faire sur d’autres fronts dont le front russe.
A cause de la visite de Mussolini prévue dans l’après-midi, la réunion d’état-major fut avancée.
 
La réunion qui devait se dérouler dans le bunker du Führer, dont la structure bétonnée aurait permis au souffle de l’explosion d’anéantir tous les participants, eut lieu finalement dans un baraquement en bois qui limitera l’effet de l’explosion.
 
Prétextant avoir besoin de changer de chemise, Stauffenberg et Werner von Haeften pénétrèrent dans une pièce d’un baraquement pour amorcer les charges explosives.  Malgré la pince spécialement adaptée à son handicap, Stauffenberg perdit du temps ; dehors Keitel s’impatientait ;  sous la pression, une seule des deux charges prévues  fut préparée.
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par Marie-Christine Pénin
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