RETOUR BOULEVARD DU CRIME
LACENAIRE Pierre-François (1803 – 9 janvier 1836)
Cimetière du Montparnasse (Paris)
Issu d’un milieu favorisé, brillant, féru de littérature, à priori rien de le prédisposait à venir nourrir les annales du crime. Mais la rigueur du désamour parental allait changer la donne et transformer le fils de famille en saltimbanque de la mort.
Dans un contexte politique et social violent, consécutif aux Trois Glorieuses (1830), se portant bien au-delà du fait divers sanglant, surgit la figure étrange, et peut-être symptomatique, de Lacenaire en grand état de souffrance et de frustrations comparable à celui du peuple auquel il s’identifia à sa manière.
Lacenaire lors de son procès
Spectacle fascinant dans le prétoire qu’il continua à donner dans sa cellule de la Conciergerie où le Tout-Paris se bousculait pour le visiter. Là, avec une sidérante désinvolture, avec la complicité des autorités, qui tentaient ainsi de faire oublier l'interminable procès des républicains après les émeutes de Paris et de Lyon (1834) et le jugement du régicide Fieschi, Pierre-François attendait son exécution en écrivant des vers plutôt réussis, selon les critères du moment, où il assassinait allégrement la morale et dénonçait cette société qu’il regardait comme aussi sordide que ses crimes. Et le fait divers ignoble et le subversif de laminer tout à coup le langage divin de la poésie. C’est en cette singularité, qui déclencha un scandale inouï, que réside en bonne partie la célébrité du personnage qui « devint le poète-assassin », le « Dandy du crime » dont se saisirent de nombreux écrivains, mais aussi le cinéma notamment dans Les Enfants du Paradis de Marcel Carné (1945).
 
Sa fuite en avant, aux allures d’un suicide délibéré prévu de longue date, allait trouver sa fin sous le couperet de la guillotine, sa « belle fiancée » qu’il saluait dans son Dernier chant :
 
Salut à toi, ma belle fiancée,
Qui dans tes bras vas m’enlacer bientôt !
A toi ma dernière pensée,
Je fus à toi dès le berceau.
Salut ô guillotine ! expiation sublime
Dernier article de la loi,
Qui soustrais l’homme à l’homme et le rends pur de crime
Dans le sein du néant, mon espoir et ma foi.
 
Les Mémoires, révélations et poésies de Lacenaire, écrits par lui-même à la Conciergerie, furent publiés à titre posthume quelques mois plus tard, en partie censurés par l'éditeur.
 
Transféré au fort de Bicêtre le 8 janvier avec Avril, également condamné à mort, amené le lendemain à la barrière Saint-Jacques pour son exécution, il refusa le secours de la religion. L’air dégagé, Pierre-François Lacenaire monta les degrés de l’échafaud, promena son regard sur la foule comme s’il avait voulu l’haranguer. Etendu et lié sur la bascule, il attendait le coup fatal qui ne venait pas au grand embarras du bourreau Henri-Clément Sanson. La guillotine était ancienne, elle venait de servir pour Avril, nous étions en hiver, etc. Autant de raisons qui retenaient le couteau qui ne se détachait pas. De longues secondes d’un supplice supplémentaire pendant lesquelles, dans un effort désespéré, Lacenaire tournait sa tête vers la hache qui s’abattit enfin, le saisissant un léger sourire aux lèvres.
Moulage de la tête de Lacenaire
Placés dans un fourgon, les deux corps prirent le chemin de la tranchée des suppliciés du cimetière du Montparnasse. A priori, ces deux là furent inhumés directement dans le sol, sans bière. La tête de Lacenaire fut moulée de suite après sa décapitation. Depuis bien longtemps, toute trace de sa sépulture a disparu.
 
Refusant d’admettre le dénouement d’un Lacenaire qui avait réussi à maintenir son pari : partir sans remords et sans Dieu, mais avec courage, La Gazette des tribunaux tenta alors de tordre sa fin en le faisant passer pour un lâche. Peine perdue pour ce mensonge grossier. Pierre-François Lacenaire était déjà rentré dans la légende.
►CANLER Louis (1797-24 octobre 1865)
Cimetière du Père-Lachaise, 67ème division (Paris)
 
Fils d’un vétéran des guerres révolutionnaires, il fut admis dans le corps des enfants de troupe en qualité de tambour (1805), avant de devenir soldat et caporal de l’armée napoléonienne (1813). Présent au siège d'Anvers (1814), à Fleurus et à Waterloo, il quitta l'armée en décembre 1818 et travailla comme employé dans une fabrique de papiers peints. Entré comme inspecteur à la préfecture de police (1820), employé à la police politique de la Restauration, il lui fallut attendre pour lutter contre la criminalité de droit commun, ce qu'il préférait. Inspecteur à la 6e brigade de la Sûreté parisienne (1825), il se trouva en charge des enquêtes qui menèrent à l’arrestation de Lacenaire. Nommé chef de la Sûreté (1849), il quitta ses fonction deux ans plus tard.
Policier exemplaire à la carrière régulière et continue, il était très éloigné du style de son plus illustre prédécesseur à la Sûreté, François Vidocq.
Il a laissé des Mémoires dans lesquelles on trouve description précise du monde du crime dans la première moitié du 19ème siècle et le récit de maintes affaires célèbres.
Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise où sa tombe existe toujours.
© APPL
Sources principales :
-Lacenaire ou les chemins de la notoriété par Jean-Paul Giraux : http://jeanpaulgiraux.pagesperso-orange.fr/Lacenaire.htm
-Répertoire général des causes célèbres par B. de Saint-Edme –Membre de l’Institut historique- Tome premier (1836)
(*) commentaire(s)
5 août 2017
Renvois d’écoles, actes de violence, escroqueries, vols, faux en écriture, il expédia aussi ad patres le neveu de Benjamin Franklin lors d’un duel, etc., autant de faits et méfaits, sous divers noms d’emprunt, qui lui valurent d’enchaîner plusieurs séjours en prison.
 
Décembre 1834. A Paris, on découvrit, dans leur appartement, les corps ensanglantés de Jean-François Chardon et de sa mère impotente. A peu d’intervalle, un jeune encaisseur de banque fut l’objet d’une tentative d’assassinat dans l’appartement d’un certain Mahossier.
Au mois de février suivant, suite à des dénonciations, l’enquête, menée tambour battant par Louis Canler, aboutit à l’inculpation de Lacenaire et de deux de ses complices : Victor Avril et François. Ce dernier échappa à la peine de mort pour le bagne à perpétuité.
Entre temps, Lacenaire avait commis d’autres escroqueries, des vols et des tentatives de vols.
 
D’emblée, Lacenaire s’employa à bouleverser les données habituelles du fait divers et donna sa pleine mesure lors du procès des trois hommes aux assises de la Seine, les 12, 13 et 14 novembre 1835, où il s’offrit, en quelques sorte, ses Trois Glorieuses personnelles. Non seulement il revendiquait ses crimes, mais semblait volontiers en rajouter. Plus incroyable encore, alors que les charges qui pesaient sur lui étaient effrayantes, il séduisait ! Outre son intelligence et son instruction, le jeune criminel était beau, élégant et,  d’après les témoignages de l’avocat général et du chef de la Sûreté, n’affichait aucune vanité, se montrait loyal et sincère !
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