RETOUR PERSONNALITES LIEES A LOUIS XV
Après l’accouchement difficile d’un garçon, le roi, ému, resta auprès de la jeune maman pendant que Louise, malgré sa souffrance, assistait à cette intimité. Mais, Pauline, se tordant de douleur, mourut de ses couches. Louis fut effondré et sa peine dura plus longtemps que ce que les mauvaises langues de la Cour pouvaient supposer.
 
Quant à la dépouille de Pauline, il allait subir un sort monstrueux. Il avait été déposé à l’hôtel de Villeroy et, après avoir été autopsié et recousu, était resté nu ; les portes de l’hôtel étant restées ouvertes le peuple y entra, jeta des pétards sur la dépouille avant de lui faire subir toutes sortes d’affreux traitements.
Après sa mort, Louis XV trouva un giron consolateur en celui de la fidèle « sainte Louise » bientôt détrônée par Diane, sa sœur cadette.
Au moment de la Révolution, l'église, mal contrebutée et menaçant de s'effondrer, fut démolie pour réaliser une rue. Les restes  de Pauline disparurent aussi.
LES SŒURS MAILLY-NESLE, maîtresses de Louis XV
Après des années de fidélité, en 1733, l’aiguillette royale se détourna de Marie Leszcynska pour épingler un remarquable tableau de chasse enjuponné qui commença par les sœurs Mailly-Nesles pour finir avec Madame Du Barry une quarantaine d'années plus tard.
 
Au nombre de cinq, les sœurs Mailly-Nesle étaient les filles de Louis III de Mailly, marquis de Nesle et de Mailly, Prince d'Orange et d’Armande Félice de La Porte Mazarin, petite-fille d'Hortense Mancini et arrière-petite-nièce du cardinal Mazarin.
 
Excepté Hortense, toutes furent les maîtresses de Louis XV. La tradition voudrait que trois d’entre elles soient représentées autour de Louis XV dans cette scène galante Van Loo ci-dessus.Jetant l’une, prenant l’autre, revenant à celle qu’il avait jetée, le ménage de Louis XV avec les sœurs Mailly-Nesle dura de 1733 jusqu’à la mort de la plus célèbre d'entre elles, Mme de Châteauroux (1744). Entre les sœurs, la compétition fut cruelle et sans pitié ; la principale victime en fut l’aînée, Louise.
MAILLY-NESLE  Louise-Julie de, comtesse de Mailly (1710 – 1751)
Cimetière des Innocents (Paris)
Selon les critères du temps elle n’était pas belle. Elle avait épousé en 1726 son cousin, Louis-Alexandre, comte de Mailly, et fut la première pour qui Louis XV succomba en 1733 après des années de fidélité à sa femme.
 
Désintéressée, elle aimait sincèrement le roi qui le lui rendait fort mal. Sa timidité vis à vis des femmes s’étant miraculeusement envolée, il l’a trompait sans qu’elle reçoive les compensations dues à son titre de favorite et ce malgré le peu de moyens financiers qu’elle affichait.
Ne sachant plus quelle attitude adopter pour conserver son amant, Louise, après la soumission, tenta la pire des stratégies : les reproches et les pleurnicheries. Louis, qui ne portait pas un amour fou à son premier écart, la délaissa définitivement au profit de la seconde des Mailly-Nesle : Pauline qu’elle avait établir à la cour comme ses autres sœurs.
 
« J’ai vu la Mailly toute en pleurs
V’là ce que c’est qu’advoir des sœurs »
Chantait-on cruellement pour la consoler...
 
Après, la mort de sa sœur et rivale, Pauline, le roi revint vers elle. Son caractère s’affirmant elle résista jusqu’en 1742.
 
Louise, qui n’avait jamais été une « Adonis juponnée », vieillissait mal. Se refusant à admettre l’évidence, ridicule pour ne pas dire pitoyable, la malheureuse allait bientôt être la victime de sa sœur cadette, Marie-Anne, duchesse de Châteauroux. .
Marie-Anne, sans aucune pitié pour son aînée, exigea son départ de la Cour et Louise fut congédiée de Versailles.
Le roi paya ses dettes. Aidée moralement par de fidèles amis, Louise survécut comme elle put. A sa mort, elle laissa le souvenir d’une femme bonne et généreuse ce qui explique son désir d’être inhumée sans cérémonie au cimetière des Innocents « sous l’égoût des gouttières des voûtes du côté de la place aux chats ».
Selon Mme de Pompadour, alors favorite en titre, le roi fut touché par le décès de Louise et s’enquit de savoir à quoi ressemblait sa sépulture qui n’était surmontée que d’une simple croix. Ses restes disparurent avec le cimetière.
MAILLY-NESLES Pauline de, comtesse de Vintimille  (1712 - 9 septembre 1741)
Couvent des Récollets de Versailles (Yvelines)
Portrait supposé de Pauline
Pauline, qui ne brillait pas non plus par sa beauté, avait épousé en 1739, Jean-baptiste, comte de Vintimille.
 
Le roi l’avait rencontrée chez Louise. Or, la perfide rêvait de devenir la
« Montespan » de Louis XV et pour se faire aucune audace ne l’arrêta : aucune mesure commune avec la discrétion et parfois la naïveté, de son aînée. Des câlins d’alcôves fut conçu le premier enfant illégitime du roi. Bien que son état de parturiente lui aigrisse le caractère, le roi l’aimait.
Cloître des Récollets de Versailles. Photo Topics Topos
MAILLY-NESLE Diane Adélaïde de, duchesse de Lauraguais (1713 –  1760)
Lieu ignoré à ce jour
« L’une est presque en oubli, l’autre presque en poussière.
La troisième est en pied, la quatrième attend,
Pour faire place à la dernière.
Choisir une famille entière,
Est-ce infidèle ou constant ? »
Si ses deux sœurs n’étaient pas jolies, Diane, selon ses contemporains, était la plus laide et la plus grasse. Qu’importe.
Surnommée « la grosse réjouie » par le roi, les atours de Diane ouvraient l’appétit de celui-ci n’importe où et n’importe quand. Une boulimie qui relevait de la gloutonnerie !
Toutefois, Louis XV, devenu un insatiable amateur de chair fraîche, l’oublia vite sur un sofa quelconque pour se satisfaire de la quatrième sœur : Marie-Anne.
 
Diane sut tirer son épingle du jeu. Le roi la dota largement lorsqu’elle épousa le duc de Lauraguais-Brancas puis lui remit son brevet de charge de dame d’atours de la Dauphine après la mort de Marie-Anne de Mailly-Nesle. Car c’est avec sa « grosse réjouie » qu’il se consola du deuil qui le frappait.
Depuis longtemps la maîtresse d’Armand de Richelieu, Diane resta à Versailles assistant aux soupers des Petits Cabinets, à la prise de pouvoir de Mme de Pompadour ainsi qu’à sa mort.
Elle fut une grande bibliophile de son temps. Elle décéda, à priori, à Paris.
CHÂTEAUROUX Marie-Anne de Mailly-Nesle, duchesse de  (1717- 1744)
Eglise Saint-Sulpice (Paris)
Pour changer, la cadette des sœurs Mailly-Nesle était une beauté. Elle était mariée plutôt heureusement au marquis de La Tournelle, neveu de Mme du Deffand avec qui elle vivait dans le Nivernais.
 
Le Nivernais avait beau avoir ses charmes, quand on a quatre sœurs qui triomphaient à Versailles, on le trouvait bien ennuyeux.
 
En 1740, jeune veuve de vingt-trois ans, ce fut toute frétillante qu’elle fit son entrée à la Cour où elle remporta un vrai succès savouré dans les bras du futur duc d’Aiguillon.
De son côté, Louis XV rêvait de déguster la jeune poulette qui refusait de se faire plumer par d’autres doigts que son amant, aussi souverains soient-ils ! Et elle résista longtemps. En fait, l’ambitieuse céderait volontiers mais pour cela faudrait-il que le roi fasse un peu le vide autour de lui.
Le roi céda et l’une des principales victimes du caprice de Marie-Anne fut sa sœur Louise à qui, fort embarrassé, le roi signifia son congé.
Il pouvait enfin goûter à ce plat tant convoité dont toutefois la cervelle fut toujours arrosée par les conseils de Louis François de Richelieu.
 
Marie-Anne devint la riche et triomphante duchesse de Châteauroux.
Le temps passa ; la passion du roi s’émoussa un peu. On se quitta, on se retrouva jusqu’au moment où, malgré les messes que Louis faisait dire à Notre-Dame de Versailles, Marie-Anne, victime d’un refroidissement, saignée une dernière fois « une fois à la gorge, une fois au  bras et neuf fois au pied » rendit son dernier soupir.
 
Autour de son lit mortuaire toutes ses sœurs, sauf Pauline décédée,  étaient présentes.  
Quatre jours plus, tard la duchesse de Chateauroux fut inhumée dans la chapelle Saint-Michel de l'église Saint-Sulpice, à six heures du matin soit une heure avant l’usage. Un homme en arme faisait le guet pour épargner au cercueil les « fureurs de la poulace » dont avait été victime la dépouille de sa sœur, Pauline.
Sa sépulture n'existe plus.
MCP
MAILLY-NESLE Hortense de Félicité de, marquise de Flavacourt (1715-1799)
Lieu ignoré à ce jour
Elle fut la seule des sœurs Mailly-Nesle à ne pas avoir partagé la couche de Louis XV qui aurait bien volontiers complété sa collection, si le marquis de Flavacourt, très épris de sa femme, n’avait pas menacé de la tuer si elle devenait « putain comme ses sœurs ».
Hortense fut, semble-t-il,convaincue par l’argument et ne céda pas davantage au duc de Richelieu lorsqu’il lui proposa de devenir la favorite après le décès de   Marie-Anne. Elle demeura à la Cour et se retira bien après la mort de ses sœurs.
Proche Mme du Barry, elle quitta Versailles avec elle à la mort du roi. Enfermée durant la Révolution au couvent des Oiseaux, transformé pour l’occasion en prison, elle fut traduite devant le tribunal révolutionnaire face auquel elle montra un courage plutôt serein, voire même de la gaieté. Elle fut relâchée en 1794. Elle connut Bonaparte mais pas Napoléon.
Marie-Anne de Mailly-Rubempré, marquise de Coislin
Une autre Mailly, leur cousine, devait aussi rentrer dans la petite histoire en même temps que dans le lit du roi.
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4 mai 2012
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