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► Philosophe et savant français
Tout le monde n’enrichit pas la langue française en faisant de son patronyme un qualificatif usuel. Mais certains font encore mieux.
 
Esprit systématique et rigoureux, Descartes s’intéressait aux mathématiques, aux sciences physiques, à la logique et mit au point une méthode de raisonnements pour établir une vérité par l’évidence et la déduction, sans s’appuyer sur l’autorité des auteurs anciens… Je doute donc je pense ; « je pense donc je suis »…
C’est ainsi que le Discours de la méthode fit de tous les Français les héritiers « spirituels » de René puisqu’il nous a légué la réputation de son esprit… cartésien.
Cette œuvre, marquant l’avènement de la pensée moderne et du rationalisme, engendrant une véritable révolution intellectuelle fut, en plus du latin, écrite en français pour être comprise par tous les hommes… femmes comprises ! Merci René…
La reine Christine et sa cour avec Descartes
En 1622, après avoir déjà beaucoup voyagé, il reprit les chemins de la découverte. Puis vint le temps où le besoin de solitude pour se consacrer entièrement à l’étude se fit sentir. Il s’installa en Hollande où il resta vingt ans dans une sorte de retraite à coucher sur le papier le fruit de ses réflexions intellectuelles et morales et de ses théories. Tous les domaines du savoir l’intéressent.
En 1649, il accepta l'invitation de la reine Christine de Suède à Stockholm, où il mourut d’une pneumonie liée à la rudesse du climat ou, selon certains, d’un empoisonnement. Cet empoisonnement aurait été orchestré par l’aumônier catholique de l’ambassade de France, au moyen d'une hostie contenant une dose mortelle d'arsenic, pour éviter que ses théories ne retinssent Christine de Suède de se convertir au catholicisme…
Le retour de ses restes furent, dirions-nous « ballottés », puisque pour faciliter le passage des frontières, ils furent emballés dans un ballot de hardes dans une sorte de malle de voyage. Il fallut huit mois pour qu’ils arrivent à Paris où une assemblée de savants se réunit pour rendre à sa dépouille les honneurs qu’il n’avait jamais reçus de son vivant. C’était compter sans l’Eglise ! Un ordre arriva pour interdire son éloge funèbre.
Il fut inhumé dans la partie nord-ouest du cimetière Adolf Fredrik de Stockholm avant d’en être exhumé en décembre 1666 pour regagner la France.
 
Dans l’église du cimetière Adolf Fredrik on trouve une sculpture de Tobias Sergel «  le monument de Descartes » créé en la mémoire du savant qui reposa dans ce cimetière (photo de gauche).
En 1802, l’abbaye Sainte-Geneviève était détruite. Les restes de Descartes furent alors conservés au Musée des monuments français d’Alexandre Lenoir où ils demeurèrent jusqu’en 1819, date à laquelle on les installa en l’église Saint-Germain-des-Prés en même temps que les cendres de Mabillon et Montfaucon. Ils y sont toujours, enterrés là où une plaque en bas du mur signalent le transfert et la présence des trois hommes.
L’hydre à cinq crânes
 
Pauvre Descartes ! Si l’on sait où se trouve les os du corps, il n’en va pas de même pour le crâne !
Comment et quand son crâne fut-il séparé du reste ? Comme il existe cinq prétendus crânes de Descartes et qu’aucun n’a jamais été identifié avec certitude, allez savoir.
Parmi les cinq, un retient particulièrement l’attention comme « authentique » depuis des lustres : celui en dépôt au Musée de l’Homme. Celui-là même qui a déclenché une polémique sur son avenir quand en 2010 François Fillon suggéra de le remettre au Prytanée à la demande de plusieurs universitaires anciens élèves du lieu comme le fut Descartes.
 
La fameuse relique aurait été volée au moment de l’exhumation de sa sépulture suédoise en 1666 par l’officier des gardes de la ville de Stockholm qui devait faire lever le cercueil de Descartes. Elle  serait ensuite passée de main en main pour arriver chez le tenancier d’un tripot à Stockholm qui la mit en vente dans une gazette. Jacob Berzlius, chimiste suédois,  l’acheta et l’envoya au naturaliste Cuvier en 1821 qui en fit don au Muséum.  Le crâne rejoignit la collection anatomique du Jardin des plantes.
En affirmant que ce n’était plus la religion qui dictait à l’Homme ce qu’il devait penser, mais l’Homme lui-même, Descartes plaçait la personne humaine au centre d'un système de connaissances dont il devait douter systématiquement, même quand elles lui semblent évidentes.
Douter et remettre en cause…Rome avait condamné les écrits de Descartes en 1663 avec défense de les lire tant qu’ils n’auraient pas été « corrigés ». Aucun inquisiteur n’ayant été nommé pour le faire, les ouvrages restèrent dans leur « jus » d’origine et continuèrent à être lus. Etre censuré par Rome n’était-ce pas la meilleure des publicités pour divulguer une pensée ?
L’occasion de faire l’apologie de Descartes et de son œuvre lors de ses obsèques fut donc stoppée net en interdisant la lecture de son éloge funèbre. Ainsi inhuma-t-on Descartes dans l’église de l'abbaye Sainte-Geneviève.
Eléments du tombeau de Descartes à Sainte-Geneviève
La Panthéonisation manquée
En 1913, couvert des signatures des personnalités qui l’avait possédé, examiné et comparé avec des portraits que l’on avait de lui, on décréta que c’était bien celui de Descartes. Moyennant cette certitude, on l’enferma dans une armoire blindée avant qu’il n’échouât au musée de l’Homme à la fin des années 1930 où, pendant longtemps, sa vitrine voisina avec celle du squelette de Cartouche
 
Et maintenant, après lui avoir réservé un accueil si respectueux il y a plus de trois siècles,  des égos redondants se disputent ce pauvre crâne sans même être certains qu’il appartienne bien à celui dont ils se revendiquent ! Descartes serait sans doute le premier à demander l’authentification de sa propre tête avec une analyse générale anthropologique scientifique complète comparée à ses restes inhumés à Saint-Germain-des-Prés.
A défaut du Prytanée, on songe aussi Panthéon où Voltaire et Rousseau seraient ravis de l’y recevoir !
 
Est-il incongru de rappeler que le crâne de Descartes appartient avant tout à…Descartes ? Est-il incongru de penser à tout simplement réunir la tête et le corps ? Est-il inconvenant de souhaiter de la moralité autour de ce reste humain qui, au bout du compte, avec cette volonté à se l’approprier ne semble pas inspirer plus de respect qu’autrefois ? Le plus grand des hommages ne serait-il pas de lui offrir enfin la paix  dans une sépulture décente ?
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Photo MCP
Photo MCP
En octobre 1793, la Convention nationale prompte à venger les injustices de l’Ancien régime déclara qu’il était: « un de ces hommes prodigieux qui recula les bornes de la raison publique, et dont le génie libéral de l’esprit humain. » Mais il fut victime et « d’une patrie inhospitalière » et du fanatisme : « Descartes, l’ornement de sa patrie, opprimé se vit contraint de la quitter de bonne heure, et fut errant toute sa vie.Il essuya les persécutions de ce même fanatisme, avait égorgé Ramus, et qui depuis, en Italie, avait plongé le vieux Galilée dans les cachots de l’Inquisition. »
Au milieu d’applaudissements le projet de Panthéonisation de Descartes fut donc adopté mais pas appliqué.
On y resongea en 1796. Devant le Conseil des Cinq-Cents, Marie-Joseph Chénier se lança dans un panégyrique contrecarré par Louis-Sébastien Mercier qui accabla Descartes : « Porterons-nous au Panthéon les restes de ce visionnaire qui a retardé pendant si longtemps la promulgation des vérités physiques ? ». Les attaques contre le personnage, et aussi Voltaire, furent telles que le Conseil, désemparé par ce torrent d’injures et par cette suite surprenante de paradoxes, n’entérina pas le projet. Voilà pourquoi les restes de Descartes ne furent jamais transférés au Panthéon.
DESCARTES René (1596 - 11 février 1650)
Eglise Saint-Germain-des-Prés (Paris)
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par Marie-Christine Pénin
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