Les faits
Bien que vivant à des centaines de kilomètres l'un de l'autre et ne se connaissant pas, la propagande construite autour de leur mort a rendu inséparables les destins de ces deux gamins.
Parmi tous les exemples de propagande qu’on peut trouver dans notre Histoire, celui-ci est sans doute l’un des plus remarquables parce que l’un des plus réussis. Tellement remarquable et réussi, qu’aujourd’hui encore la légende est rapportée comme un fait historique !
Tellement énorme que, pour contrebalancer l’histoire, certains affirment que le personnage n’a jamais existé !
Joseph Bara
Joseph était le neuvième des dix enfants du garde-chasse du château de Palaiseau appartenant au prince de Condé. Malgré son extrême jeunesse, grâce au général Desmarres, un ami de son père, Joseph rentra dans l’armée où, au service de Desmarres, il servait d’aide palefrenier. Après la première bataille de Cholet en octobre 1793, les troupes de Desmarres stationnèrent à Jallais.
Le 30 novembre et les jours qui suivirent,  Desmarres fit détruire des fermes et des maisons du bourg et massacrer un certain nombre de ses habitants. Le 6 décembre, il fut battu par une troupe composée de Vendéens placés sous l’autorité d’Anselme Godineau. Le jeune Bara ne fut pas tué lors de cette échauffourée mais le lendemain.
La mort de Joseph Bara par Jean-Joseph Weerts (1882)  Musée d'Orsay
Joseph Bara n’était alors qu’une victime anonyme des guerres de Vendée parmi des milliers d’autres. Aucune raison n’imposait de distinguer davantage sa tombe, ou d’en mémoriser le lieu, qui se perdit comme celles des autres Bleus morts durant jours précédents.
La logique et la simplicité voudraient qu’il ait été enterré quelque part à proximité du cantonnement.
L’affaire n’avait donc rien d’extraordinaire et serait restée ignorée de tous si le général Desmarres, dans le but d’obtenir une pension pour la mère de Bara, n’avait pas signalé ce fait à Barère de Vieuzac alors ministre de la Guerre. Barère avait à peine lu cette requête à la tribune de la Convention que Robespierre s’empara de l’événement.
 
Légende et propagande
 
A cette période, Robespierre était, si je puis dire, « en perte de vitesse ». Voyant le profit politique qu’il pouvait tirer de la mort de cet innocent, il réclama son inhumation au Panthéon.
Immédiatement, les chansons et le théâtre se chargèrent de transformer l’histoire du petit domestique tué par des voleurs en celle d’un jeune tambour de l’armée Républicaine mort sous les balles de Vendéens qui avaient exigé qu’il crie « Vive le roi ! », à quoi il avait répondu héroïquement « Vive la République ! ».
Pour Robespierre Joseph Bara était l’exemple à suivre. Elevé au rang de martyr de la Liberté, l’entrée de la dépouille du jeune héros au Panthéon fut donc votée. D’abord fixée au 18 juin 1794, la fête qui devait être organisée autour de la « panthéonisation» de Joseph fut reportée au 18 juillet puis au 28 du même mois.
Le 28 juillet 1794, c’était le 10 thermidor ! On peut penser que certains virent dans l’approche de cette cérémonie une occasion pour un Robespierre fragilisé de tenter un dernier coup de main contre la Convention. Le 10 thermidor « l’Incorruptible » montait à l’échafaud.
S'éloignant imprudemment du campement des Bleus pour faire boire des chevaux au bord du Montatais, Joseph est surpris par par des Vendéens sous les arbres d’un terrain appelé en ce temps le Revers, à côté du château de la Brinière. Les Vendéens voulaient-ils les montures? Quoi qu'il en soit, Joseph fut tué.
A l'époque, le cimetière de Jallais se situait à environ 200 mètres de là.  Soit l'abbé Abafour, prêtre réfractaire, qui nuitamment faisait porter les cadavres des deux camps au cimetière, se chargea de récupérer celui de Bara; soit les Bleus osèrent s'aventurer pour le prendre et le déposer dans ce même cimetière où déjà tant de corps s'entassaient dans une fosse.
 
Une chose est certaine: sa dépouille n'est pas restée sans tombe et n'a pu être enterrée sur le lieu même de son trépas.  Ce cimetière était le seul endroit possible.
Désaffecté au profit d'un nouveau cimetière, lui aussi disparu au profit de l'actuel cimetière de Jallais, beaucoup de restes qui s'y trouvaient ne furent jamais transférés. On y trouve d'ailleurs encore beaucoup d'ossements.
Joseph Bara n’était pas le seul à attendre une « Panthéonisation » : il y avait aussi Joseph-Agricol Viala.
Au contraire de Bara, cet enfant est vraiment mort héroïquement au combat.
Malgré sa jeunesse, Viala était commandant de la garde nationale des jeunes avignonnais.
Après la chute des Girondins, une insurrection fédéraliste, rejointe par les royalistes, éclata dans le Midi. Marseille et Toulon tombèrent sous leur contrôle. Les insurgés se dirigeaient vers Lyon, elle aussi en rébellion, et arrivaient sur Avignon.
Sources:
Concernant la sépulture de Joseph Bara: Mr Crepellière historien local que je remercie encore pour partager son érudition et ses documents  sur ce sujet et sur tant d'autres.
(*) commentaire(s)
Joseph-Agricol Viala
Pour leur interdire le franchissement de la Durance, il fallait couper les cordages du bac de Bompas de Chaumont-sur-Durance sous le feu de l’ennemi. L’opération était périlleuse et les républicains hésitaient.C’est à ce moment qu’intervint Viala. Armé d’une cognée, il se précipita sur le pont de bateaux pour en trancher les amarres et fut foudroyé par la mitraille des insurgés.
« En vain on veut le retenir ; il brave le péril, et l’on ne peut s’opposer à son audacieux projet. Il saisit la hache d’un sapeur, il tire sur les ennemis plusieurs coups du mousquet dont il est armé, puis, malgré les balles qui sifflent autour de lui, il parvient au rivage, et, saisissant sa hache, frappe le câble avec vigueur. Le hasard semble d’abord le seconder, il a presque achevé sa tâche périlleuse sans être atteint, quand à ce moment une balle lui perça la poitrine. Il se soulève encore ; mais il retombe sans force en s’écriant :
« M’an pas manqua ! Aquo es egaou ; more per la libertat. » (Ils ne m’ont pas manqué ! cela est égal ; je meurs pour la liberté.) »
Bien évidemment, comme toute toutes les paroles ultimes lancées à la postérité, il est impossible d'en affirmer la véracité.
 
Selon la tradition, après qu’on eût vainement tenté de ramener son corps, les royalistes, en traversant le pont, auraient insulté et mutilé son cadavre avant de le jeter dans la Durance qui l’engloutit pour toujours.
 
En cette époque de demande populaire d'actes héroïques, la propagande de Robespierre fonctionna à merveille. Marie-Joseph Chénier associa les deux enfants dans le Chant du départ. On ne saurait dénombrer les pièces de théâtre, chansons, poèmes et toutes formes d'hymnes à leur gloire qui fleurirent encore par la suite.
Il est à noter que Desmarres, trouvant qu'on en faisait un peu trop sur la mort du jeune ordonnance, adressa un courrier dans ce sens à la Convention; il fut guillotiné le 31 janvier 1794...
 
L’histoire refaite de Joseph Bara et celle, bien réelle, de Joseph-Agricol furent l’objet d’un véritable culte républicain tout particulièrement dans les manuels scolaires de la IIIème République.
RETOUR LOUIS XVI ET LA RÉVOLUTION 
BARA Joseph (1779 - 7 décembre 1793)    
Très probablement l'ancien cimetière de  Jallais (Maine-et-Loire)              
           
VIALA Joseph-Agricol (1780 – 6 juillet 1793)
La Durance à Avignon (Vaucluse)
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par Marie-Christine Pénin
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