RETOUR RUSSIE
Sépultures de NICOLAS II ROMANOV (1868 -  17 juillet 1918)  et de sa famille
Cathédrale de la forteresse Pierre-et-Paul de St-Petersburg (Fédération de Russie)
Le dernier tsar de Russie.
 
Sans être tout à fait similaires, on ne peut s’empêcher d’établir un parallèle entre le destin du dernier des tsars et celui de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Les points communs sont nombreux à commencer par la non préparation à régner des deux souverains et par leurs mariages respectifs qui furent chacun endeuillés par la mort de personnes assistant aux festivités. Un signe ?
1913. Nicolas II, à l’apogée de son règne, commémorait avec faste et dans la liesse populaire le tricentenaire du règne des Romanov. Cinq ans plus tard l’histoire balayait tragiquement le dernier des tsars et sa famille. Sans analyser la politique de Nicolas II et ses conséquence désastreuses, brièvement que s’est-était il passé ?
 
Par amour,  Nicolas avait  épousé Alexandra Fedorovna dont les origines allemandes n’enthousiasmaient pas les Russes. De cette union naquirent d’abord quatre filles qui, si elles comblaient de bonheur leurs parents, ne remplaçaient pas un fils seul habilité à hériter de la couronne.
En 1904, Alexis, l’héritier mâle tant attendu, venait enfin au monde. Hélas, l’enfant était hémophile et rien ne pouvait soigner cette maladie incurable. Ne sachant plus à quel saint se vouer, le couple impérial, qui avait déjà une forte inclination au mysticisme, accepta l’aide de Gregory Raspoutine qui se révéla être le seul à pouvoir arrêter les saignements de l’enfant. Pour Alexandra, Raspoutine se transforma en l'homme miracle, l'envoyé du Seigneur à qui elle apporta toute sa protection malgré ses nombreux détracteurs.
 
En 1914, n’écoutant pas Raspoutine qui avait prévu un véritable bain de sang si la Russie s’engageait dans la guerre, Nicolas monta au front laissant Alexandra sous l’influence du saint mage qui régnait officieusement. Erreur fatale. Le peuple haïssait cette allemande qu’il considérait comme leur ennemi, haïssait Raspoutine, haïssait les horreurs de la guerre dans lesquelles il était plongé, haïssait sa misère et commençait à apprécier les agitateurs. Il descendit dans la rue.
Entre son trône et sa femme, Nicolas choisit Alexandra et, après avoir refusé que l’on tirât sur la foule, abdiqua le 15 mars 1917 en faveur de son frère, le grand-duc Michel. Devant la protestation populaire, celui-ci renonça à la couronne le lendemain. En cinq jours, « sans avoir pu offrir la moindre résistance, l'Ancien Régime russe s'écroula comme un château de cartes. »
La révolution était en marche. Raspoutine, lui, était mort depuis trois mois.
La famille impériale
La famille impériale songea à l’exil, mais le temps de soigner les rougeoles des princesses et
les souverains européens l’abandonnèrent à son sort. Même le roi d’Angleterre, George V, sur qui Nicolas comptait le plus, ne bougea pas le petit doigt. Mais Nicolas l'ignorait encore. Leur destin était maintenant scellé.
 
Le 31 juillet 1917, ce fut comme prisonniers qu’on les amena en Sibérie à Tobolsk où ils restèrent jusqu’au 30 avril 1918, dans la maison du gouverneur, accompagnés du docteur Botkine et de trois serviteurs qui avaient refusé de les abandonner.
Nicolas, persuadé d’un retour à Moscou puis d’un exil en Angleterre était confiant. Cette confiance fut encouragée par Constantin Iakovlev, qui leur déclara qu'il serait traduit devant un tribunal à Moscou et expulsé hors de Russie. Ce ne fut pas Moscou mais Iekaterinbourg et la villa Ipatiev, une propriété d'un industriel de cette dernière ville : Nikolaï Ipatiev. Là, ils vécurent à peu près paisiblement, entendant de loin en loin les armes des Blancs, leurs libérateurs qui se rapprochaient de plus en plus. Beaucoup trop d’ailleurs au gré des bolcheviks. De paisible, la villa Ipatiev devint la « maison du projet spécial ».
La résidence de Tobolsk
La villa Ipatiev en 1928. Elle sera détruite en 1977.
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, sur la demande Iacob Iourovski, le nouveau commandant de la villa, la famille impériale, le Dr Botkine, le valet de chambre Alexei Trupp, la femme de chambre de l'impératrice Anna Stepanova Demidova et le cuisinier de la famille impériale Ivan Kharitonov furent regroupés sous le prétexte de prendre une photo de groupe avant leur transfert dans un lieu plus sûr. Tout le monde descendit jusqu’au sous-sol où ils entendirent alors Iourovski proférer la sentence de mort à laquelle les onze étaient condamnés.
A peine prononcée, le massacre débuta. Mais à la plus grande stupeur des exécuteurs les balles ricochaient sur les poitrines des princesses. Etaient-elles protégées de Dieu ? Cela déclencha l’acharnement des assassins qui achevèrent les survivants à coups de baïonnettes . Malgré cela, tous n’étaient pas morts. Ils furent achevés à bout portant. Un vrai carnage.
Maintenant, il fallait aller très vite. Dehors, le camion attendait pour prendre livraison des corps qu’on jeta dedans avec précipitation. Le véhicule s’enfonça dans la nuit. La famille impériale venait de disparaître de la surface de la terre pour rentrer dans l’une des plus grandes énigmes de l’histoire.
 

La découverte de 1979 et les exhumations de 1991 et 2007.
 
Il fallut attendre le 12 juillet 1991 pour que la vérité soit révélée.
En fait, dès 1918 les Blancs avec Sokolov menèrent une enquête qu’ils ne purent achever.
Sous la chape du mystère,  les témoignages et les rumeurs allaient bon train. Mais il y avait beaucoup mieux. En 1920, à la demande du soviet de Moscou, Iourovski, qui dirigea l’exécution et les inhumations, avait écrit un rapport détaillé des circonstances entourant la mort des Romanov dans le lequel il décrivit de façon minutieuse le site où il avait enterré les corps et le moyen de le retrouver. C'est grâce à ce document d’archive qu’Alexandre Avdonine et Gueli Rabiov purent découvrir la première tombe en mai 1979. Rien n’avait bougé depuis 1918. Le 30 mai, à 0, 80 mètre, les ossements apparurent.
Mais l’époque n’étant pas propice aux révélations, on leur intima l’ordre de taire leur découverte.
 
1991. Une ère nouvelle soufflant sur l’ex-empire des Soviets, celui-ci accepta de lever un pan de son passé.
Neuf squelettes furent déterrés. Afin de vérifier qu’il s’agissait bien de ceux de la famille impériale et non pas ceux de bourgeois souvent exécutés à cette époque dans la même forêt, des analyses d’ADN furent effectuées et parlèrent : à 98,5%, il s’agissait bien des Romanov. Et les restes d’Anastasia étaient bien présents mettant un terme définitif, s’il en était besoin,   à l’usurpation de la fameuse Anna Anderson.
 
Et les deux disparus ? C’est l’étude des squelettes qui les identifia. Alexis et Maria n’étaient pas du lot. N’ayant que dix-sept ans au moment du drame, le squelette d’Alexis aurait dû présenter des signes de croissance que l’on ne trouva sur aucun.
La rumeur qui le voulait avoir survécu au massacre était-elle fondée ? Non, et la preuve irréfutable surgit le 29 juillet 2007 quand à soixante mètres de la fosse des neuf corps, on en découvrit une autre contenant les deux corps manquants. En 2008, bien que difficiles à cause du peu de restes, les analyses ADN confirmèrent leur appartenance à la famille impériale.
Grâce à des informations fiables et la persévérance des médecins légistes, on put enfin  comprendre ce qui se passa après l’assassinat.
Exhumations de 1991. Document National Geographic
1. Anna  Demidova
2. Dr Botkine
3. Grande duchesse Olga
4. Nicolas II
5. Anastasia
6. Tatiana
7. Impératrice Alexandra
8.Ivan  Kharitonov
9.AlexisTrupp
Disposition des squelettes dans la fosse
Analyses et reconstitution
Funérailles du 17 juillet 1998
Funérailles du 17 juillet 1998
La chapelle Sainte-Catherine et le tombeau recouvrant les cercueils.
Réconciliation avec le passé : Boris Eltsine s'incline devant la sépulture impériale.
Cathédrale de la forteresse Pierre-et-Paul de St-Petersburg où furent inhumés plusieurs souverains russes et membres de leur famille.
Et le tsarévitch Alexis et sa sœur Maria ?
 
Bien que canonisés en même temps que le reste de la famille et les serviteurs, ils ne reposent toujours pas avec eux. Après quatre ans et malgré plusieurs demandes du prince Nicolas Romanov pour qu’ils rejoignent leurs parents, le gouvernement russe vient seulement d’envisager leur inhumation.
Mais seul un décret présidentiel, toujours en attente,  pouvant les autoriser être enterrés dans la Cathédrale des Tsars,  les restes d’Alexis et de Maria risquent d’être inhumés dans une tombe commune dans un cimetière de Moscou. Ainsi ne seraient-ils jamais réunis aux leurs.  
Alexandra Fiodorovna Romanov (1872 – 17 juillet 1917)
Née Victoria Alix Hélène Louise Béatrice de Hesse et du Rhin, elle était la fille du grand-duc Louis IV de Hesse et du Rhin et d’Alice d’Angleterre, seconde fille de la reine Victoria. Elle devint impératrice consort de Russie sous le nom d'Alexandra Fiodorovna Romanova.
La mort soudaine du tsar Alexandre III avait précipité le mariage de l’héritier Nicolas avec Alexandra ainsi que leur accession au trône sans y être préparés. Du jour au lendemain, Alexandra se vit transformer de petite princesse allemande en tsarine, mère du peuple russe. Sévèrement attaquée par les critiques qui l’accusaient, entre autres, de mysticisme voire d'hystérie religieuse. En conséquence, elle se renferma sur sa famille, fronçant régulièrement les sourcils lors de ses sorties en public. Lorsque l’hémophilie du tsarévitch fut avérée, son désespoir l’amena à donner toute sa confiance à Raspoutine qui, il est vrai réussit à stopper des saignements de l’enfant. S’accrochant à ce mage guérisseur, malgré sa mauvaise réputation d’ivrogne et de coureur de jupons, elle finit par lui accorder un tel pouvoir qu’il influença les affaires gouvernementales lors de l’absence du Tsar au début de la Première Guerre mondiale. Cette présence insupportable à ses côtés doublée par sa nationalité allemande focalisa toute la haine populaire.
Tatiana Nikolaïevna Romanov (1897 – 17 juillet 1918)
Seconde fille de Nicolas II, Tatiana était plus jolie de la fratrie. Elle allait parfois avec ses sœurs discuter avec les gardes, leur posait des questions sur leur famille et leur parlait de sa nouvelle vie en Angleterre une fois qu'elle serait libérée. Tatiana, estimée comme la plus courageuse de la famille, se faisait mener auprès de ses parents pour demander aux gardes le règlement ou pour être informée de ce qui allait arriver prochainement à la famille. Elle passait la plupart du temps assise avec son frère malade, sa mère à qui elle faisait la lecture, et jouait à des jeux pour passer le temps.
Ce poème, destiné à un ami, écrit par les grandes-duchesses Olga et Tatiana à Iekaterinbourg, était déposé dans un livre. Il fut découvert par des fidèles du tsar après la mort de la famille impériale :
 
« Seigneur donne-nous, en ces jours tumultueux, la patience, afin que nous supportions la famine et la souffrance qui menacent dans notre pays. Dieu de vérité, la force dont nous avons besoin, donne-la nous afin que nous pardonnions à ceux qui nous torturent ; que nous portions la lourde charge de la croix sur nous ; que nous prenions comme exemple, le plus grand, celui de ton humilité. Lorsqu'ils nous pilleront et nous offenseront, lorsqu'ils nous mutileront et nous exploiteront, nous t'appellerons Christ-Sauveur. Aide-nous, afin que nous survivions à ces dures épreuves. Seigneur de ce monde, Dieu de toute création, nous te rendons grâce ; donne-nous la paix de l'âme, oh Seigneur, dans les moments les plus durs. Et au seuil de notre tombe, souffle ta puissance éternelle sur nous, tes enfants, afin de trouver la puissance, nous qui te prions dans l'humilité, ainsi que pour nos ennemis. »
Maria Nikolaïevna Romanov (1899 – 17 juillet 1918)
Troisième fille de Nicolas II, la grande-duchesse Maria était probablement la plus charmeuse et la plus romantique. Enfant très sage, elle se faisait appeler « Ange » et ses sœurs, moins disciplinées, la surnommaient leur « demi-sœur ».
 
Ses restes furent découverts en 2007, avec ceux de son frère, dans un fosse à proximité de celle de ses parents.
Parmi les processus de disculpation collective et/ou individuelle à cette abomination, l’un des plus courants est de croire en la survivance, mais faut-il encore un ingrédient indispensable pour la rendre crédible : le mystère d’une mort en huit clos. Les usurpateurs n’ont plus qu’à tenter leur chance.
En France, Louis XVII et Jean Ier le Posthume restent les cas les plus célèbres et en Russie, Anastasia Romanov tient la tête d’affiche.
 
Comme déjà indiqué, la rumeur alimentée par les témoignages des gardes de l’époque allait bon train concernant la disparition du Tsar et de sa famille. L’évocation de la seconde fosse contenant les corps du tsarévitch et de l’une de ses sœurs étant moins précise, elle finit par disparaître pour nourrir l’imaginaire : deux enfants avaient survécu. La mystification devenait possible.
Alexis Nikolaïevitch Romanov (1904 – 17 juillet 1918)
Quatrième fille de Nicolas II, pour avoir été l’objet d’une des grandes énigmes de la première moitié du 20ème siècle, elle est aussi la plus célèbre des filles du couple impérial.
 
Quels que soient nos sentiments à l’égard d’évènements historiques, il est rare de rester indifférent au destin de jeunes innocents disparus brutalement, dont le seul crime est d’être les enfants de leurs parents. Si les circonstances amènent à comprendre, à défaut de l’accepter, le sort réservé aux aînés, l’idée que leur jeune progéniture soit aussi sacrifiée devient plus insoutenable.
Anna Anderson (? – 12 février 1984)
   Cimetière de l’église Saint-Walburg de Seeon (Allemagne)
Tout débuta en février 1920 lorsqu’une jeune femme suicidaire fut sauvée. Sans papier, refusant de parler, elle fut amenée à l’asile de Dalldorf.
Deux ans plus tard sa voisine de chambre, ayant lu un article sur la disparition des Romanov où se trouvait une photo de la famille impériale, affirma à l'inconnue qu'elle ressemblait étrangement à la grande-duchesse Tatiana.
De fil en aiguille, la soi-disant Tatiana prétendit être Anastasia. Après le défilé de proches de la famille impériale, ayant bien connue la grande duchesse, l’opinion restait très contrastée. Entre ses partisans qui la soutenaient et ceux qui hurlaient à l’usurpation, celle qui était devenue Anna présentait autant de signes poussant à la croire que le contraire. Selon un détective mandaté par des Romanov, il s’agissait probablement de Franzisca Schanzkowska née en 1896 ’une ouvrière polonaise disparue à cette époque.
Voguant sur sa notoriété, elle partit aux Etats-Unis en 1928 où elle reçut le meilleur accueil devenant la coqueluche de la société newyorkaise avant d’être placée dans sanatorium où elle resta environ un an.
De retour en Allemagne,  n’ayant jamais pu apporter la preuve de son identité comme héritière de toutes les Russies, en but à sa non reconnaissance officielle par la justice allemande, elle finit par vivre en recluse.  
En 1968, Anna accepta l’invitation d’un de ses amis et repartit pour les Etats-Unis.  Elle y épousa Jack Manahan, un professeur d'université de vingt-et-un ans son cadet.
 
Elle resta une véritable énigme de son vivant et mourut en emportant la clé du mystère laissant à ses partisans l’incroyable  histoire qu’elle  aurait vécu entre le 17 juillet 1918 et le 20 février 1920.
Comme il se doit, des auteurs s'en emparèrent  pour expliquer et justifier la moindre de ses affabulations. Car, malgré des détails troublants, il s’agissait bien d’affabulations.
 
Bien que crématisée, un prélèvement fut possible qui, soumis à des tests d’ADN, prouva qu’elle n’avait aucun lien avec la famille impériale.  
L’exhumation, en 1991,  des neufs corps sur onze relança le débat.  La découverte des deux manquants en 2007 ainsi que leurs analyses ADN prouvant leur filiation au couple impérial confirmèrent l’usurpation.  
Il n’en demeure pas moins un fait étonnant : comment avait-t-elle fait pour duper d’une façon aussi convaincante et aussi longtemps ceux qui voyait en elle la grande duchesse ?
Ses cendres furent inhumées le 18 juin 1984 sous le nom d’ « Anastasia Manahan 1901-1984 » dans le cimetière de l’église St-Walburg de Seeon en Bavière.
Anastasia en 1918
Anna Anderson en 1927
Franzisca Schanzkowska
en 1916
Sépulture d'Anna Anderson Manahan. Photo Joseph Uhe
Photo Joseph Uhe
Anastasia Nikolaïevna Romanov (1901 – 17 juillet 1918)  
Quant à la véritable Anastasia, elle fut bien assassinée dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 et ses restes appartenaient bien aux neufs corps exhumés en 1991.
Fils unique de Nicolas II, Il était hélas atteint d’hémophilie. En avril 1918, lors du transfert de la famille impériale de Tobolsk à Iekaterinbourg, Alexis, trop faible, ne put voyager ses parents qu’il rejoignit en mai. Quelques jours avant le massacre, Alexis, pour se distraire, avait fait du toboggan sur une rampe d'escalier et était tombé: il en gardait une jambe bandée et, incapable de marcher, son père le porta. À 3 heures 15 du matin, le commissaire spécial sortit son revolver et tira à bout portant sur le tsar, déclenchant le massacre.
Assis sur sa chaise, Alexis ferma les yeux. Il fut touché et tomba sur le sol. À terre, il agrippa la chemise de son père et ne bougea plus. Quand Iourovski s'aperçut qu'il respirait encore, il le signala à un autre qui lui planta à plusieurs reprises sa baïonnette dans le corps. Alexis était encore en vie. Iourovski l'acheva de deux balles dans la tempe droite.
La dépouille de l’adolescent subit le même sort que celui de sa famille, mais fut définitivement « inhumé » à part avec sa sœur Maria. Comme pour Anastasia, on crut aussi à sa survie.
Evgeni Sergueïevitch Botkine (1865- 17 juillet 1918)
Alexis Egorovitch Trupp (1856 - 17 juillet 1918)
Colonel dans l'armée impériale, Trupp rentra au service de Nicolas II dont il fut le dernier valet de pied.
Il fut inhumé aux côtés de Nicolas II et de sa famille et des autres membres de la suite impériale. De confession catholique, on érigea une croix catholique au-dessus de sa sépulture. Non orthodoxe, il ne fut pas canonisé par l’Eglise orthodoxe russe.
Anna Stepanovna Demidova (1878 -  17 juillet 1918)
Femme de chambre de l'impératrice, celle-ci l’engagea au service de la famille impériale en 1901. Niouta, comme on la surnommait, accompagna la famille impériale dans son exil à Tobolsk puis à Ekaterinbourg. Elle avait confié à un de ses proches : « J'ai tellement peur des Bolcheviks, je ne sais pas ce qu'ils vont faire de nous »…
 
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, elle descendit comme les autres dans la le sous-sol de la maison Ipatiev. Elle portait deux oreillers dans lesquels des bijoux avaient été dissimulés. Après la première salve de coups de feu, Niouta, blessée, perdit connaissance. Revenue à elle, elle s'exclama : « Dieu merci ! Dieu m'a sauvée ! » Ayant entendu sa voix, les assassins se tournèrent vers elle. Elle cria, elle pleura, elle tenta de se défendre, mais fut finalement achevée à coups de baïonnettes.
Quatre-vingts ans plus tard, sa petite-nièce, Natalia assista aux funérailles de sa grand-tante et de la famille impériale. Reconnue comme martyr de l’oppression soviétique, mais luthérienne, elle ne fut pas canonisée.
Ivan Mikhaïlovitch Kharitonov (1872 - 17 juillet 1918)
Cuisinier à la cour de Nicolas II, il suivit la famille impériale dans son exil après avoir refusé de l'abandonnée.
Iakov Mikhaïlovitch Iourovski (1878 - 2 août 1938)
Destination des cendres inconnue
   
Le camion transportant les corps pénétra dans la forêt de Koptiaki aux abords d'Iekaterinbourg. Au moment du déshabillage des grandes duchesses, on comprit pourquoi les balles ricochaient sur leurs poitrines : point de protection divine, elles étaient protégées par des diamants cousus dans leurs vêtements !
On jeta les corps nus et délestés dans un puits de mine. Mais, dès le lendemain, Iourosvski, s’avisant que les Blancs pourraient les découvrir décida de les exhumer pour une « sépulture » plus sûre.
Alors que le camion s’enfonçait dans la forêt, il s’enlisa l’empêchant d’aller plus loin avec son macabre chargement qui fut enterré sur place. D’abord les corps d’Alexis et Maria qui furent brûlés, puis les autres dans une autre fosse.
Cette fois, pour que l’identification soit impossible et que l’odeur n’attire pas la curiosité, on arrosa la nouvelle fosse d’acide sulfurique puis de chaux et que l’on recouvrit de planches.
 

Les funérailles en 1998
 
Le 17 juillet 1998, soit quatre-vingt ans plus tard jour pour jour après le drame, dix-neuf coups de canons ouvrirent le chemin de la paix à neufs corps dans la cathédrale de la forteresse Saint Pierre-et-Paul entourés des descendants  de la famille Romanov venus du monde entier et des membres de la nouvelle élite, dont le président Eltsine - un mois pour le convaincre d’assister à la cérémonie - qui  appela  « au repentir » et à la réconciliation de la nation avec son histoire….
 
Dès 1981,  hors des frontières de l’URSS l’église orthodoxe les avait canonisés sauf  Alexei Trupp qui était catholique  et Anna Demidova qui était luthérienne. En 2000, ce fut au tour du Patriarcat de Moscou de les inscrire à son martyrologue et de les canonisés  en présence de Vladimir Poutine. Ils sont fêtés le 17 juillet, jour de leur martyre.
 
Les neufs cercueils, invisibles,  reposent dans une crypte située sous la chapelle Sainte-Catherine. Le tombeau de marbre blanc symbolique en recouvre l’accès. De grandes plaques de marbres rappellent les noms et titulatures des défunts. Sept d'entre eux  étant canonisés, outre l’hommage rendu à leur fin tragique,  la chapelle est aussi un lieu de pèlerinage religieux.
Médecin de la famille impériale, on lui demanda de choisir entre partir ou accompagner le tsar déchu dans son exil. Botkine tenta de faire revenir sur sa décision le chef du gouvernement provisoire en préconisant l'exil en Crimée à cause du mauvais état de santé de l'impératrice et du tsarévitch. Par la suite, il refusa encore de les abandonner se battant avec les geôliers pour que ses patients reçoivent un traitement plus humain. Son séjour à Tobolsk, où il ouvrit un cabinet pour les habitants, était adoucit par la présence de ses enfants. Puis se fut le voyage sans retour pour Ekaterinbourg. Comme Nicolas, il était confiant en un prochain exil en l’Angleterre…
 
En 2000, après biens des débats, l'Église orthodoxe de Russie le déclara martyr de l'oppression de l'Union soviétique.
Fille aînée de Nicolas II la grande duchesse était passionnée de lecture. Selon les Mémoires Alexandre Strekotine, l’un des gardes, Olga aurait été profondément déprimée et aurait perdu beaucoup de poids au cours des derniers mois de sa vie. Elle faisait quelques promenades dans le jardin et passait la plupart de son temps avec son frère. Elle se fâcha avec sa jeune sœur Maria, car elle la trouvait trop respectueuse envers les gardes. D'après un témoignage, Olga aurait regardé mourir sa sœur Tatiana avant d'être tuée à son tour.
Olga Nikolaïevna Romanov (1895 – 17 juillet 1918)
Tous mes remerciements à Sergueï Diakonov, passionné d'histoire et de cimetières en général et de russes en particulier, pour l'apport de précieuses informations...
 
Sources: bien trop nombreuses pour être citées de façon équitable, sauf le forum : saintdenis-tombeaux.forumculture.net/
(*) commentaire(s)
Enfin, les régicides Medvedev, dont la balle tua Nicolas II, et Nikouline, qui tua Alexis, sont inhumés au cimetière de Novodevitchi
Le méchant de l'affaire.
 
Membre du soviet de l'Oural lors de la Révolution russe, Iourovski eut en charge la direction de l’exécution de la famille impériale et de ses servants ainsi que celle de l’inhumation secrète des onze corps.
Deux jours plus tard, il partit pour Moscou, emmenant avec lui les biens des Romanov en même temps qu’il convoyait l’or des banques de l’Oural.
Il passa les deux années de la guerre civile à Moscou. Il travailla un temps au Kremlin comme chargé d’inventaire des affaires personnelles et bijoux des Romanov. Il retourna à Iekaterinbourg en 1920.
La même année, à la demande du soviet de Moscou, il écrivit un rapport détaillé des circonstances entourant la mort des Romanov dans le lequel il décrivit de façon minutieuse le site où il avait enterré les corps et le moyen de le retrouver. C'est grâce à ce document qu’Alexandre Avdonine et Gueli Rabiov purent découvrir la tombe des Romanov 1979.
Au milieu des années 1930, Iourovski et ses amis commencèrent à être victimes des purges staliniennes. Ainsi, en 1934, sa fille fut-elle arrêtée et envoyée dans un camp de travail.
Souffrant d'une maladie du cœur et d'ulcères d'estomac, il fut admis à l'hôpital du Kremlin en 1937. Selon son fils,  sur son lit de mort, il aurait exprimé de grands regrets pour son rôle dans l'assassinat des Romanov. Il fut crématisé au cimetière de Donskoï de Moscou. La destination de ses cendres est inconnue.
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-Couvent des Célestins (75) (disparu)
-Couvent des Cordeliers de Nancy (54)
-Couvent des Cordeliers (75)
(disparu)
-Couvent des Chartreux de Vauvert  (75) (disparu)
-Couvent des Feuillants du Fg St-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des Grands-Augustins (75) (disparu)
-Couvent des Grands Carmes ou Carmes Barrés ou Carmes Maubert (75)  (disparu)
- Couvent des Jacobins réformés de la rue Saint-Honoré (75) (disparu)
-Couvent des  Jacobins de la rue Saint-Jacques (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de Chaillot (75) (disparu)
-Couvent des Minimes de la place Royale (75) (disparu)
-Couvent des Pénitents du Tiers-Ordre de St-François ou Pénitents de Picpus (75)
(disparu)
Couvent des Petits-Augustins (75)
-Couvent des Théatins (Paris) (disparu)
-Couvent de la Visitation Ste-Marie (75)
-Crypte impériale des Capucins de Vienne (Autriche)
 
-Eglise du Dôme des Invalides (75)
-Eglise de La Madeleine (75)
-Eglise La Madeleine-de-la-Cité (75) (disparue)
-Eglise Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux (75)
-Eglise St-Barthélemy (75) (disparue)
-Eglise St-Benoît, la bien tournée (75) (disparue)
-Eglise St-Christophe (75) (disparue)
-Eglise et cimetière St-Côme-et-St-Damien (75) (disparus)
-Eglise St-Denis-de-la-Chartre (75) (disparue)
-Eglise St-Denis-du-Pas (75) (disparue)
-Eglise St-Eloi (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne (75) (disparue)
-Eglise St-Etienne-du-Mont (75)
-Eglise St-Eustache (75)
-Eglise St-Germain-l'Auxerrois (75)
-Eglise St-Germain-le-Vieux (75) (disparue)
-Eglise St-Gervais-St-Protais (75)
-Eglise St-Hippolyte (75) (disparue)
-Eglise St-Jacques-de-la-Boucherie (75)
- Eglise St-Jacques-du-Haut-Pas (75)
-Eglise St-Jean-en-Grève (75)
(disparue)
-Eglise St-Jean-le-Rond (75) (disparue)
-Eglise St-Julien-le-Pauvre (75)
-Eglise St-Landry (75) (disparue)
-Eglise St-Laurent (75)
-Eglise St-Leu-St-Gilles (75)
-Eglise (cathédrale) St-Louis-des-Invalides (75)
-Eglise St-Louis-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise et cimetière (disparu) St-Louis-en-l'Île (75)
-Eglise St-Marcel (75) (disparue)
-Eglise St-Martial (75) (disparue)
-Eglise St-Médard (75)
-Eglise St-Merry (75)
-Eglise St-Nicolas-des-Champs (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Chardonnet (75)
-Eglise St-Nicolas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-des-Champs (75) (disparue)
-Eglise St-Paul-St-Louis (75)
(ancien couvent des Jésuites)
-Eglise St-Pierre-aux-Arcis (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-aux-Boeufs (75) (disparue)
-Eglise St-Pierre-de-Montmartre
-Eglise St-Roch (75)
-Eglise St-Sauveur (75) disparue
-Eglise St-Séverin (75)
-Eglise St-Sulpice (75)
-Eglise St-Symphorien et St-Luc (75) (disparue)
-Eglise St-Thomas-du-Louvre (75) (disparue)
-Eglise Ste-Croix (75) (disparue)
-Eglise Ste-Geneviève-des-Ardents (75) (disparue)
-Eglise Ste-Marine (75) (disparue)
-Eglises et cimetières de l'île de la Cité (75) (disparus)
 
-Grottes vaticanes
 
-Hospice des Enfants-Trouvés (75) (disparu)
 
-Mausolée d'Auguste à Rome
-Mausolée de Mausole à
Halicarnasse (Bodrum) Turquie (disparu)
-Mémorial du Mt-Valérien (92)
 

-Panthéon
-POMPES FUNÈBRES, AUTREFOIS et leurs métiers disparus
-Prieuré St-Martin-des-Champs (actuel CNAM) (75)
-Prieuré Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers (75) (disparu)
 
-SÉPULTURES DES BOURBONS
-SÉPULTURES DES ROIS D’ANGLETERRE (dynastie Anglo-saxonne)
-SÉPULTURES DES ROIS ET DUCS DE BRETAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS D'ESPAGNE
-SÉPULTURES DES ROIS DE FRANCE ET DES EMPEREURS (résumé)
-SUPPLICIÉS Lieux d'inhumations
 
-Temple (enclos, église et cimetière du) (75) (disparus)
Dernière mise à jour
au 28 octobre 2018
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